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RKO Pictures
Théorie

RKO Pictures

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Un des huit majors de l'Âge d'Or (1928–1956) — a imposé son style via Kane, Hitchcock, grand spectacle musical. Dissout après 1956.

La Radio-Keith-Orpheum Corporation est née en 1928 de la fusion de trois entreprises, devenant ainsi immédiatement un acteur majeur parmi les Eight Majors. Ce qui distinguait RKO de MGM ou Warner Bros. : les studios avaient une trajectoire instable. Alors que d'autres cultivaient leurs stars maison et contrôlaient leurs carrières, RKO agissait de manière plus sauvage, plus expérimentale, parfois plus chaotique. Cela les rendait intéressants pour les cinéastes qui ne trouvaient pas leur place dans des maisons plus établies.

Sur le plateau, l'influence de RKO se faisait surtout sentir dans trois domaines. Premièrement : les grandes productions musicales — Fred Astaire et Ginger Rogers y ont défini un genre, le film de danse, qui était produit chez RKO comme une production de masse, mais avec une plus grande maîtrise artistique. Les exigences chorégraphiques, les mouvements de caméra nécessaires pour rendre les pas de danse lisibles — tout cela provenait de l'expérience de RKO. Deuxièmement : le risque pris pour des récits expérimentaux. Le film Citizen Kane (1941) d'Orson Welles n'était pas un succès garanti au box-office, mais RKO l'a financé — et toute une génération de directeurs de la photographie a appris comment soutenir visuellement des récits non linéaires. Troisièmement : la collaboration avec des émigrés européens. Alfred Hitchcock est arrivé chez RKO, apportant une esthétique du suspense britannique — des montages plus rapides, des perspectives de caméra plus psychologiques.

La particularité des productions RKO était leur signature visuelle : un contraste plus élevé en photographie noir et blanc, une composition plus expérimentale, une esthétique de scène de studio moins rigide. Que ce fût une question de goût ou de nécessité financière, cela n'avait pas d'importance — cela fonctionnait. Les films de Bud Boetticher, les classiques de l'horreur de Val Lewton : chez RKO, on pouvait être plus audacieux visuellement qu'ailleurs.

Après 1945, le système s'est désintégré. RKO est devenue une cible de rachat, la direction a changé, les investisseurs ont spéculé. En 1956, ils se sont de facto dissous — un symptôme de l'effondrement plus large des studios. Ce qui reste : une filmographie qui montre que les grands studios n'étaient pas monolithiques. RKO était le laboratoire parmi eux — productif, agité, et donc plus important que leurs parts de marché ne le laisseraient supposer.

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