Montage utilisant des copies compressées des fichiers source, par exemple des proxies H.264 générés à partir de rushes 4K pour fluidifier le travail sur du matériel moins puissant.
Détails techniques
Les fichiers proxy sont généralement codés en H.264, ProRes Proxy (45 Mbit/s pour 1080p) ou DNxHD 36 (36 Mbit/s). Adobe Premiere Pro crée automatiquement des proxies en résolution 1/4 (par exemple, 4K devient 1080p), tandis qu'Avid Media Composer utilise DNxHD 15:1s, qui ne nécessite qu'une bande passante de 15 Mo/s. Le relinking s'effectue via des timecodes de métadonnées et des noms de clips. Les systèmes modernes génèrent des proxies en parallèle à l'ingest grâce à une transcodification accélérée par GPU, transformant ainsi des rushes 6K ARRIRAW (2,9 Go/min) en proxies gérables de 180 Mo/min.
Histoire et développement
Le workflow proxy est né en 1989 avec la première version d'Avid Media Composer, qui utilisait des fichiers MJPEG compressés 15:1 pour le montage hors ligne. En 2003, Apple a introduit le mode "OfflineRT" avec Final Cut Pro. La percée est survenue en 2012 avec Adobe Premiere Pro CS6, qui a offert pour la première fois une gestion automatique des proxies. Depuis 2018, les algorithmes d'apprentissage automatique permettent la création de proxies avec un équilibre optimal entre qualité et bande passante.
Utilisation pratique au cinéma
Le montage proxy a été utilisé pour les rushes 8K IMAX du film "Tenet" (2020) de Christopher Nolan, où des proxies 1080p ont accéléré le premier montage d'un facteur 12. Les productions Netflix utilisent par défaut des proxies DNxHD 36 pour les originaux 4K. Le workflow typique : création des dailies avec génération simultanée de proxies, montage hors ligne avec proxies, conformage avec le matériel original pour la correction des couleurs. Avantage : 90% de besoins de stockage en moins, lecture en temps réel sur du matériel standard. Inconvénient : besoin de stockage supplémentaire pour les fichiers proxy, problèmes de synchronisation potentiels lors du relinking.
Comparaison et alternatives
Se distingue des proxies de timeline par la création de fichiers permanents par opposition à l'optimisation temporaire de la RAM. Contrairement au montage 4K natif avec des codecs optimisés (ProRes 422 LT), le montage proxy offre de meilleures performances sur les systèmes plus anciens. Alternatives modernes : décodage accéléré par GPU de RED R3D ou ARRIRAW directement dans la timeline, services de proxy basés sur le cloud comme Frame.io. Les workflows à distance s'appuient sur le montage proxy avec un conformage centralisé en haute résolution.