Modèle théorique en filmologie décrivant les cycles de transformation des matériaux narratifs à travers l'histoire des médias. Concept académique.
La roue de vie de la projection décrit un modèle théorique qui examine comment un sujet de film se transforme et est réinterprété à travers différents médias et phases historiques. Il ne s'agit pas de la projection technique dans la salle de cinéma, mais de la métamorphose cyclique des contenus narratifs — comment un sujet passe du théâtre au cinéma, puis à la télévision, plus tard aux formats de streaming, et finalement revient au théâtre sous forme d'adaptation ou au cinéma sous forme de remake.
Le cœur du modèle est l'hypothèse que chaque média impose sa propre « phase de vie » au sujet. Un roman acquiert une nouvelle visibilité par son adaptation cinématographique ; la version cinématographique est à son tour raccourcie ou rythmée différemment pour la télévision ; la série développe le sujet en sérialité ; un remake utilise le même noyau, mais dans des conditions technologiques et culturelles nouvelles. La roue tourne — non pas linéairement, mais cycliquement. Les anciens sujets sont réactivés parce que de nouveaux canaux de distribution atteignent de nouvelles couches de public.
Ce concept devient pratiquement pertinent pour les producteurs et les scénaristes lorsqu'ils comprennent qu'un sujet de film n'est pas « fini », mais qu'il porte en permanence une carrière potentielle à travers plusieurs médias. Une histoire conçue comme un film peut être repensée comme une série — non pas comme un simple étirement, mais comme une réinvention structurelle. Inversement : une série peut être condensée en un film de cinéma. La roue de vie de la projection décrit cette logique sans jugement moral — ce n'est ni une trahison de l'original ni une innovation à tout prix, mais une nécessité spécifique aux médias.
Le modèle touche à des concepts tels que le remake, le transmédia storytelling et la morphologie des médias, mais reste à un niveau plus abstrait et historiographique. Il explique moins comment adapter concrètement (cela relève de l'artisanat), mais plutôt pourquoi les sujets ont le besoin de circuler entre les médias — et pourquoi certains contenus sont perdus, tandis que d'autres émergent.