Verre optique qui réfracte et dévie la lumière — crée des effets miroir, images doubles ou cache la caméra. Incontournable en thriller.
Le prisme fait partie des outils optiques les plus subtils que nous utilisons sur le plateau pour manipuler la perspective et la perception — sans avoir à faire de panoramique avec la caméra. Un élément de verre à trois faces, qui réfracte et dévie les rayons lumineux, nous permet de filmer simultanément deux ou plusieurs scènes spatialement séparées, ou de dissimuler la caméra derrière des objets qui bloqueraient autrement la position de la caméra.
En pratique, nous montons le prisme directement devant l'objectif ou comme un accessoire spécialisé. Une utilisation classique : nous positionnons la caméra apparemment de face face à un acteur, mais le prisme dévie un regard latéral dans le cadre — ainsi, le spectateur voit simultanément la vue de face et ce qui se passe à côté de la caméra. Cela crée une simultanéité troublante, particulièrement efficace dans les thrillers psychologiques où nous voulons visualiser la fragmentation de la perception. Pour les images doubles, nous travaillons avec deux prismes en combinaison : le premier réfléchit une image sur le second, qui la dirige ensuite vers l'objectif — nous montrons ainsi effectivement deux scènes superposées.
Le désavantage technique est la perte de lumière — selon la qualité et le revêtement des prismes, nous perdons 15 à 30 % de la lumière incidente. Cela nous oblige soit à ouvrir davantage le diaphragme, soit à faire une retouche. C'est moins critique avec les plateaux LED, mais avec la lumière du jour disponible, nous devons faire des calculs. La qualité de l'image est également affectée — réflexions, légère vignettisation, franges colorées — c'est pourquoi nous utilisons du matériel haut de gamme de fabricants spécialisés en équipement de caméra, et non des lentilles d'appoint bon marché de magasins de photographie.
Les films psychologiques et les œuvres expérimentales adorent les prismes ; les séquences de suspense utilisent la rupture spatiale inattendue pour créer de la tension. Nous les utilisons également dans les clips musicaux ou les montages pour montrer une désynchronisation temporelle ou sensorielle. Important : le prisme n'est pas un gadget — il doit avoir une fonction narrative. Ceux qui l'utilisent uniquement pour l'effet, le public le remarque.