Décomposition photographique du mouvement en phases isolées — Muybridge l'a utilisée pour analyser la marche. Fondement de l'animation et stop-motion.
Vous décomposez un mouvement en ses plus petits composants et photographiez chaque phase individuellement. C'est le fondement de tout ce qui suit – l'animation, le stop-motion, même le cinéma classique lui-même. Muybridge a systématisé cela à la fin du 19ème siècle : des chevaux galopaient devant une batterie de caméras, chaque caméra capturant une fraction du mouvement. Si vous montrez les images les unes après les autres, une illusion se crée – un mouvement qui n'a jamais existé sous cette forme.
Dans la pratique moderne, nous travaillons quotidiennement avec ce principe, que nous le nommions ainsi ou non. En stop-motion, vous déplacez votre personnage par d'infimes incréments – 1 cm en avant, photographier, 1 cm en avant, photographier. 24 images par seconde plus tard, vous obtenez un mouvement fluide. L'astuce : il faut suffisamment de phases pour lisser la courbe. Trop peu de phases – le mouvement saccade, semble mécanique. Trop – travail inutile, votre budget en souffre. Un bras qui soulève une tasse a besoin d'au moins 8 à 12 phases pour paraître naturel. Un mouvement subtil des yeux ? Parfois, 3 suffisent. Vous apprenez à ressentir cela.
Même dans le tournage en prise de vues réelles, vous utilisez la photographie de phase lorsque vous planifiez un ralenti ou lorsque vous travaillez avec des caméras à haute vitesse. Vous augmentez la fréquence d'images pour capturer plus de phases par seconde – le mouvement sera alors, lorsqu'il est lu à vitesse normale, étiré, plus fluide, plus élégant. Un objet qui tombe, une explosion, de l'eau qui gicle – tout cela nécessite une profusion de phases, sinon cela a l'air bon marché. Inversement : la photographie en accéléré est de la photographie de phase en accéléré. Vous prenez une image toutes les 5 secondes, et une journée de travail de 8 heures devient 20 secondes de film.
Le plus important : la photographie de phase n'est pas un concept nostalgique, mais une méthode de travail concrète. Elle détermine comment vous décomposez et recomposez le mouvement. En motion design, en planification d'effets visuels, même dans le mouvement de caméra lui-même – partout, vous avez besoin du sentiment de la bonne phase. Plus vos phases sont précises, plus votre illusion est convaincante.