Trous individuels espacés régulièrement (35mm généralement 4 par photogramme) — garantit la synchronisation caméra/projecteur. Perforation déchirée = prise perdue.
Les perforations sont l'épine dorsale mécanique du transport classique du film. Le mécanisme de transport s'accroche aux perforations du film – quatre par cadre pour le 35 mm standard – et tire le film de manière synchronisée à travers la caméra et le projecteur. Sans ces espacements précis, pas d'image continue, pas de projection. La perforation est une condition physique préalable à tout ce qui suit.
Sur le plateau, on réalise immédiatement l'importance de la perforation lorsque quelque chose tourne mal. Un bord de perforation endommagé – déchiré, écrasé, effiloché – rend tout le film inutilisable à cet endroit. Ce n'est pas comme avec le format numérique, où l'on peut réécrire des images individuelles défectueuses. Ici, l'information est littéralement ancrée dans le matériau. C'est pourquoi nous manipulons les bobines de film avec respect : pas de bords de bobinage coupants, prudence lors du chargement dans la caméra, et retour immédiat à la chambre noire après le tournage. Une déchirure dans la perforation à la fin d'une longue bobine de tournage signifie que le matériau est perdu, car le mécanisme de projection ne peut plus l'accrocher.
Cela devient particulièrement critique lors des opérations de rembobinage ou de manipulation du film en laboratoire. Les anciennes copies, qui ont été projetées plusieurs fois, présentent souvent des signes d'usure sur les bords des perforations – les trous s'élargissent, s'effilochent, et les rouleaux de transport mécaniques perdent leur prise ferme. Cela entraîne des tremblements d'image ou des sauts lors de la projection. Certains laborantins peuvent encore sauver une perforation endommagée par un traitement prudent, mais c'est un artisanat à la limite. Pour les précieuses bobines de négatif original, on utilise désormais uniquement des rouleaux de transport en mousse qui n'endommagent pas les perforations.
Les tolérances sont serrées – les distances entre les trous ne peuvent varier que de quelques dixièmes de millimètre, sinon le transport du film ne s'enclenche pas correctement. C'est pourquoi il existe des normes de perforation lors de la fabrication du film (Academy, BH, Techniscope – selon la zone d'image utilisée). Lors du montage et de l'archivage, il faut toujours garder cela à l'esprit : la perforation n'est pas seulement un moyen de transport, elle définit également où se situe la zone d'image réelle. Un montage trop proche du bord de la perforation peut entraîner des dommages et, plus tard, des problèmes de lecture.