Terme polémique pour le cinéma palestinien, notamment documentaires — déployé pour critiquer des mises en scène présumées. Contesté dans le milieu académique.
Le terme apparaît depuis les années 2000 dans les débats de critique médiatique et désigne le reproche fait aux cinéastes palestiniens de mettre en scène délibérément leurs œuvres documentaires — particulièrement celles traitant du conflit et de l'occupation — ou de les monter de manière falsifiée. La formation du mot combine « Palestine » avec « Hollywood » et implique ainsi une dramaturgie artificielle, la tromperie, une manipulation narrative consciente. Sur le plateau ou au montage, le label lui-même est cependant le véritable phénomène : il marque moins une technique cinématographique qu'une lutte politique pour la suprématie de l'interprétation de la réalité.
Cela devient pratiquement pertinent pour les documentaristes — palestiniens comme internationaux — car le reproche de pratiquer le « Pallywood » vise immédiatement la critique des sources : les scènes ont-elles été reconstituées ? Le montage était-il manipulatoire ? La position de la caméra reposait-elle sur une mise en scène ? Ce sont des questions légitimes pour tout spectateur critique, mais le terme lui-même fonctionne souvent comme une attaque délegitimante globale, indépendamment des défauts méthodologiques concrets du film en question. Similairement à des termes comme « Fake News » (cf. Lexique : Désinformation et Montage), c'est toute une culture de production qui est mise sous suspicion, et non des œuvres individuelles qui sont analysées.
Pour la pratique cinématographique, cela signifie que les documentaristes doivent prendre conscience que leur origine, leur perspective et leurs sources de financement déterminent déjà leur crédibilité — avant même qu'une seconde de film ne soit diffusée. Les équipes palestiniennes en font l'expérience quotidiennement : chaque coupe, chaque panoramique de caméra, chaque sélection d'interview est lue sous le soupçon de partialité. Ce n'est pas unique — tous les documentaristes luttent contre des accusations de biais — mais ici, le label est explicitement marqué politiquement. Le terme est scientifiquement controversé, car il n'est pas une catégorie analytique avec des critères mesurables, mais reste un mot de combat polémique. Des œuvres individuelles peuvent être manipulatoires ; cela dit peu d'une culture cinématographique entière.
L'éducation aux médias s'intensifie ici : les spectateurs doivent faire la distinction entre une vérification légitime des sources (Qui a filmé ? Dans quelles conditions ? Quelle perspective ?) et une méfiance généralisée. Pour les monteurs et les réalisateurs, cela signifie rendre leurs décisions de montage encore plus transparentes — non par sentiment de culpabilité, mais par honnêteté méthodologique.