Improvisation comique—l'acteur sort du script pour des gags, de l'humour physique. Plusieurs prises, meilleure version sélectionnée au montage.
L'acteur est sur le plateau, connaît son texte, et soudain le réalisateur donne le signal : « Essaie quelque chose. » C'est le lazzo — l'anarchie contrôlée sur le plateau. Le terme vient de la Commedia dell'arte, où les acteurs improvisaient avec routine, et dans les productions modernes, le principe fonctionne de manière identique : on tourne une scène plusieurs fois, on laisse l'interprète jouer une variation comique différente à chaque prise, on expérimente avec le timing, les expressions faciales, les mouvements absurdes. Pas de manière arbitraire — mais ciblée, afin de choisir plus tard la meilleure version au montage.
Sur le plateau, on remarque immédiatement quand un réalisateur mise sur le lazzo. L'atmosphère devient plus ludique, la pression diminue. L'acteur a de l'espace, les erreurs deviennent une ressource. En tant que caméraman, il faut réagir avec flexibilité — la composition de l'image doit être assez large pour capturer les mouvements inattendus, le suivi de mise au point doit rester fluide. Une minute, l'interprète peut rester subtil, la suivante, il éclate en comédie physique complète. Certains réalisateurs (notamment dans la tradition de la comédie ou les comédies de caractère) prévoient consciemment des lazzi — d'autres les utilisent spontanément quand une scène semble plate et qu'il reste une demi-heure de tournage.
L'utilité pratique est énorme. On tourne trois, quatre, cinq variantes de la même scène, et au montage, on a une véritable liberté de choix. Un gag qui fonctionne à merveille sur scène peut être mort à la caméra — ou vice-versa. Le peaufinage se fait plus tard, lorsque le monteur assemble la meilleure comédie des prises. Important : le lazzo exige confiance entre la réalisation et le jeu d'acteur. Un interprète incertain n'expérimentera pas. Une journée montée avec impatience devient un calvaire.
Des concepts comme l'ad-lib (expressions spontanées dans le dialogue) et la variation de blocage (schémas de mouvement alternatifs) y sont liés, mais le lazzo se réfère spécifiquement à la phase d'expérimentation comique et répétée. Dans les documentaires de tournages de comédies, on voit souvent comment naissent des prises légendaires — non pas parce qu'elles étaient prévues, mais parce que le réalisateur disait à l'acteur : « Donne-m'en une autre. »