Mouvement théâtral indien (1943–1956) — art politique pour les masses via performances vernaculaires accessibles. Influencé le néoréalisme et le cinéma d'engagement social.
Ce mouvement est né en 1943 en Inde, en tant que réponse radicale à l'oppression et à l'exploitation coloniales — non pas comme un construit théorique, mais comme une forme d'art combattante dans la rue. Artistes, écrivains et acteurs se sont organisés pour porter le théâtre directement dans les villages et les usines. Le cinéma s'y est intéressé plus tard, car il existait ici un modèle : Comment faire de l'art pour des gens qui n'ont pas d'argent pour aller au cinéma ? Comment raconter leurs histoires dans leur langue ?
La pertinence pratique pour les cinéastes réside dans l'esthétique de la directivité. L'IPTA travaillait avec des scènes improvisées, des moyens minimaux, un impact maximal — une approche que les réalistes documentaires ont plus tard traduite au cinéma. On y voyait : des lieux authentiques plutôt que des décors. Des non-professionnels plutôt que des acteurs. De la musique populaire plutôt que de la musique de film composée. Le montage suivait une logique politique, pas une continuité psychologique. Satyajit Ray, Mehboob Khan et d'autres cinéastes indiens ont absorbé cette énergie — non pas par adaptation directe, mais par la question : Comment filmer la réalité des masses ?
Ce qui est intéressant sur le plateau : les productions influencées par l'IPTA renoncent à la hiérarchie entre la mise en scène et l'interprétation. L'acteur devient co-narrateur. Le scénario est en partie créé pendant le tournage. La caméra ne fait pas que documenter — elle est un outil d'interrogation. Cette attitude s'est répandue dans le néoréalisme européen et plus tard dans le cinéma de gauche à travers le monde. Godard connaissait ces travaux. Solanas et Getino s'en sont inspirés.
Ce qui est encore pertinent aujourd'hui : le mouvement a montré que le cinéma politique ne consiste pas à filmer des manifestes. Il consiste à porter la caméra là où les décisions sont prises — dans les champs, les ateliers, les rues. Et à inviter les gens à raconter leurs propres histoires. Cette confiance dans l'intelligence du public, dans sa capacité à se représenter lui-même — c'est la leçon qui demeure. Le mouvement IPTA a officiellement pris fin en 1956, sa grammaire vit en chaque cinéaste qui croit que le cinéma peut être un outil d'émancipation.