Sujet historique exploité sensationnellement — sexualité, violence, scandales exagérés pour l'audience.
L'hixploitation fonctionne selon un principe simple mais efficace : un sujet historique est déformé pour créer du sensationnel. L'histoire réelle importe moins que ce que l'on peut en extraire – scandales, liaisons, brutalités – tout est amplifié, parfois inventé, toujours avec l'ambition de transmettre une éducation. C'est le tour de force décisif : le spectateur ne se sent pas voyeur, mais une personne cultivée qui apprend quelque chose d'important sur le passé. En réalité, il est devant une série d'exploitation en costumes.
Sur le plateau, cela se traduit par des choix de mise en scène qui posent des signaux de qualité classiques – un effort sur les costumes, des lieux nobles, de grands noms – tandis que le montage et la dramaturgie visent systématiquement le sensationnel. Une scène de tribunal est montée pour que la tension soit celle d'un thriller. Un personnage historique est moralement détruit parce que cela crée du conflit. Le sexe est placé en évidence, non pas parce qu'il est nécessaire à l'histoire, mais parce qu'il rapporte de l'audience. Le matériel porte une sorte d'alibi culturel : c'est arrivé pour de vrai, ou du moins, cela aurait pu arriver.
La différence avec l'approche documentaire réside dans la pondération. Alors qu'un film historique sérieux peut supporter l'ambiguïté, l'hixploitation décompose les personnages complexes en bons et mauvais pour créer de la tension narrative. Cela rend le travail sur le scénario étrangement simple : on prend un nom dans le livre d'histoire, on invente des motivations psychologiques et voilà le drame. Au montage, on le reconnaît à la musique stéréotypée, aux coupes manipulatrices avant des révélations importantes, au rythme constant de cliffhanger.
Concrètement, cela signifie qu'en tant que caméraman, vous êtes souvent confronté à la tâche de faire paraître noble quelque chose qui est mince sur le fond. L'éclairage doit signaler le prestige. Les mouvements de caméra doivent transmettre un sentiment d'importance. On utilise les moyens de la télévision de qualité pour étayer quelque chose qui est avant tout du divertissement. Ce n'est pas moralement répréhensible – c'est simplement un défi artisanal intéressant : comment transmettre visuellement une profondeur qui n'est pas présente narrativement ?