Performance impliquant le public dans des situations semi-planifiées — efface les frontières entre réel et mis en scène. Au cinéma: capturé documentairement ou stratégie de réalisation.
Un happening naît lorsque vous dissolvez consciemment la frontière entre la mise en scène planifiée et l'événement réel. Contrairement au théâtre ou au scénario classique, cela fonctionne ainsi : vous créez un cadre, des règles ou des déclencheurs – ce qui se passe ensuite reste ouvert. Les spectateurs deviennent des participants, pas des observateurs passifs. Concrètement au cinéma, cela signifie : vous documentez cette imprévisibilité ou vous l'orchestrer de manière à ce qu'elle paraisse authentique.
Sur le plateau, on travaille généralement avec des happenings selon deux modes. Le premier : vous mettez en place une situation – par exemple, une voiture se gare sans prévenir dans une rue animée, des acteurs en descendent et font des choses étranges – et vous filmez la réaction réelle des passants. La caméra est en embuscade, le son tourne en continu. Pas d'extras, de vraies personnes. Cela demande des autorisations, une assurance, un plan B – et surtout : un scénario absolument clair pour votre équipe, même si le public n'en soupçonne rien. Le second mode : vous donnez des instructions extrêmement vagues aux acteurs. "Vous êtes à une fête, quelque chose ne va pas, agissez instinctivement." Ensuite, vous installez plusieurs caméras, donnez un signal visuel et lancez l'enregistrement. Comme dans une véritable réalisation d'improvisation, mais condensée de manière documentaire.
Le piège du happening au cinéma : il doit paraître mis en scène, tout en ne devant pas avoir l'air mis en scène. Vous avez donc besoin de plus de contrôle, pas moins – des positions de caméra cachées, des montages synchronisés, une voix off narrative ou un montage pour donner forme au chaos. Pensez à l'esthétique du found footage, aux mockumentaires, à la vidéo vérité expérimentale. Le matériel est brut, la réalisation réside dans la sélection et le montage.
Pratiquement : les happenings fonctionnent à merveille pour simuler l'authenticité, pour provoquer des réactions sociales ou pour interroger le genre lui-même. Mais attention – les spectateurs remarquent vite si vous trichez. Une véritable spontanéité demande une vraie surprise pour les personnes devant la caméra. Cela signifie : une préparation intensive du casting, une planification de la caméra plutôt qu'une planification du script, et ensuite : des montages bruts qui dégagent la séquence de sa plénitude, et non l'inverse.