Film qui s'effondre au box-office — budget de production non récupéré, perte totale. Tue les carrières de producteurs et réalisateurs.
Un flop est le scénario catastrophe de tout producteur — un film qui ne rentabilise pas son budget de production au box-office et représente ainsi une perte économique totale. La définition est plus insidieuse qu'il n'y paraît : même si un film couvre ses coûts de production purs, il peut être un flop, car les coûts de distribution, de copie et de marketing — souvent 50 à 100 % du budget — ne sont pas inclus. Un film doit rapporter deux à trois fois son coût de production pour être rentable.
Sur le plateau et en préproduction, on ne perçoit généralement pas un flop imminent — le problème naît dans les bureaux des financiers. Des budgets mal calculés, des projets trop ambitieux sans tête d'affiche, des désastres marketing : ce sont les tueurs classiques. J'ai vu à plusieurs reprises un travail artisanal cinématographique irréprochable — des scènes parfaitement éclairées, un montage précis, un jeu d'acteur solide — échouer parce que le scénario était inutilisable ou que le public cible n'était pas atteint. Cela n'a rien à voir avec votre regard de caméraman.
Les dégâts pour la carrière sont considérables. Un flop — surtout si le budget était moyen ou élevé — peut écarter des réalisateurs et des producteurs pendant des années. Les studios perdent confiance. Les prêteurs deviennent nerveux. Un deuxième, un troisième flop d'affilée signifie pratiquement la fin. Inversement : un film indépendant bien réalisé et rentable (voir les productions indépendantes) ouvre des carrières.
Qu'est-ce qui distingue un flop d'un film simplement passé inaperçu ? Principalement le budget et les attentes. Un drame indépendant à 2 millions d'euros qui rapporte 1,5 million est un vrai problème. Un blockbuster à 200 millions qui en nécessite 400 et n'en rapporte que 350 est également un flop — même si les chiffres absolus semblent impressionnants. Les projets de studios dans le segment budgétaire moyen sont les plus dangereux : 30 à 80 millions, où les erreurs marketing ou un mauvais timing ont des répercussions dramatiques. On se retrouve alors soudainement dans une équipe de production qui sait que l'argent est perdu avant même que le film ne sorte en salle.