Lumière naturelle entre le coucher de soleil et l'obscurité avec des températures de couleur de 2000K–4000K. Créneau de tournage exploitable: 20–45 minutes selon la saison.
Détails techniques
La température de couleur de la lumière crépusculaire varie entre 2000K juste après le coucher du soleil et 4000K à la fin du crépuscule civil. La période de tournage utilisable en Europe centrale varie entre 20 minutes (hiver) et 45 minutes (été). Les caméras numériques modernes atteignent encore des prises de vue exploitables à des ISO de 3200-6400, tandis que le film 35mm reste utilisable au maximum à des ISO de 800. L'heure bleue (Blue Hour) se produit 20 à 30 minutes après le coucher du soleil, lorsque le ciel et les sources de lumière artificielle ont une intensité approximativement égale.
Histoire et développement
Depuis les années 1920, les cinéastes utilisent systématiquement la lumière du crépuscule, F.W. Murnau étant le premier à exploiter pleinement l'heure bleue pour une séquence dans "Sunrise" (1927). Avec l'introduction d'objectifs lumineux dans les années 1970, les possibilités se sont considérablement élargies. Terrence Malick a établi le crépuscule comme une marque de fabrique de son langage visuel à partir de "Badlands" (1973). La photographie numérique depuis 2000 a révolutionné les prises de vue au crépuscule grâce à une performance ISO accrue et à la surveillance en direct de l'exposition.
Utilisation pratique au cinéma
Emmanuel Lubezki a utilisé exclusivement la lumière naturelle du crépuscule pour les prises de vue intérieures dans "The Revenant" (2015), obtenant ainsi des dégradés de lumière organiques. Les séquences "Magic Hour" nécessitent une préparation précise : le positionnement de la caméra, les tests d'exposition et les répétitions doivent être terminés avant le début du crépuscule. Denis Villeneuve a utilisé une atmosphère de crépuscule artificiellement prolongée dans "Blade Runner 2049" (2017) grâce à des matrices de LED et des machines à fumée. Le flux de travail nécessite plusieurs caméras pour des perspectives simultanées, car les répétitions dans des conditions d'éclairage identiques sont impossibles.
Comparaison et alternatives
Le crépuscule se distingue de l'aube par des températures de couleur plus chaudes et un air plus clair. La simulation artificielle du crépuscule à l'aide de projecteurs HMI avec des filtres CTB atteint 70% de l'effet naturel dans des conditions contrôlables. Les panneaux LED de dernière génération (ARRI SkyPanel, Litepanels Gemini) permettent un réglage précis de la température de couleur entre 2700K et 6500K. La simulation du clair de lune nécessite une lumière de 5600K avec des filtres ND, mais n'atteint pas la saturation des couleurs caractéristique d'un véritable crépuscule.