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Dugromacolor
Caméra

Dugromacolor

Murnau AI illustration
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Procédé cinéma couleur des années 1950–60 avec saturation éclatante et teintes chaudes caractéristiques. Signature des films d'époque.

Le Dugromacolor fut la réponse italienne à l'Eastmancolor — un procédé de film couleur qui s'est répandu principalement en Europe à partir du milieu des années 1950. Contrairement aux procédés américains concurrents, le Dugromacolor se distinguait par un rendu des couleurs caractéristique, chaud, saturé et avec une nette tendance aux teintes rouges et orangées vives. Quiconque voit ces films aujourd'hui — et il en existe suffisamment qui dorment encore dans les archives — reconnaît immédiatement cette signature visuelle : les couleurs ne paraissent pas photoréalistes, mais plutôt peintes, presque décoratives. Ce n'était pas un défaut, mais un moyen stylistique.

Sur le plateau, on savait immédiatement à quoi s'attendre. L'éclairage devait être calculé différemment que pour les matériaux Kodak. Les tons chauds — en particulier dans les costumes et les décors — explosaient littéralement. Une robe rouge devenait une surface de couleur éclatante, les tons terreux orangés brillaient de manière non naturaliste. C'est pourquoi les directeurs de la photographie utilisaient des filtres de couleur, réduisaient consciemment la chaleur de la lumière ou choisissaient des costumes avec un contraste délibéré : des tons bleu-vert et violets, pour équilibrer l'ensemble. Le procédé exigeait une mise en scène active plutôt qu'une reproduction passive — cela plaisait à de nombreux réalisateurs, en particulier pour les films monumentaux, les productions péplum et les drames historiques. Les films égyptiens, les péplums italiens, les grandes productions historiques françaises — tous faisaient confiance au Dugromacolor et à sa théâtralité.

Techniquement, le procédé fonctionnait avec des émulsions de film multicouches dotées de coupleurs de couleur. La stabilité était meilleure que celle des premières variantes Technicolor, mais pas aussi durable que les négatifs couleur modernes ou les intermédiaires numériques. De nombreux négatifs Dugromacolor ont aujourd'hui pâli, l'archivage s'est avéré délicat — le magenta et le cyan disparaissent en premier, ce qui donne au matériau un étrange décalage rose-vert. Les restaurateurs connaissent ce problème. Lors de la numérisation des fonds historiques, la correction des couleurs du Dugromacolor est souvent un chapitre à part entière : on ne peut préserver le caractère original qu'en recalibrant activement les décolorations typiques.

Aujourd'hui, le Dugromacolor est mort — aucun laboratoire ne traite plus de matériel de ce type. Mais l'esthétique visuelle des années 1950 et 1960 ne peut être comprise sans lui. Ceux qui tournaient à l'international à l'époque avaient besoin d'un procédé robuste et transportable. L'Eastmancolor était cher, le Technicolor était encombrant. Le Dugromacolor offrait un compromis — et un look caractéristique qui est aujourd'hui nostalgique ou consciemment référencé lorsqu'il s'agit d'esthétique rétro.

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