Cinéma indien de la région du Deccan — Telangana, Karnataka, Andhra Pradesh. Généralement télougou, kannada ou marathi avec esthétique locale.
Quiconque travaille dans le cinéma indien rencontre tôt ou tard la catégorie « Film Deccani ». Ce n'est pas un terme formel comme Bollywood ou Tollywood — il décrit plutôt une région de production géographique et culturelle qui s'étend à partir du plateau du Deccan. Telugu, Kannada, Marathi : ce sont les langues de travail, et les films sont produits à Hyderabad, Bangalore, Pune, parfois aussi dans des centres de production plus petits comme Vijayawada. Ce qui relie ces films, c'est moins un style uniforme qu'une esthétique propre, qui se distingue de Bollywood — plus locale, plus ancrée dans la terre, souvent moins axée sur le « Masala ».
La pertinence pratique sur le plateau se reconnaît aux détails : la philosophie de l'éclairage tend vers des contrastes plus naturels, le montage travaille avec des coupes plus lentes dans les scènes dramatiques. Les mouvements de caméra sont plus économes, mais plus intenses. On y trouve souvent des chefs décorateurs qui utilisent l'architecture régionale non pas de manière exotique et déformante, mais documentaire — temples, bazars, habitations sont racontés comme des lieux, pas comme de la décoration. La musique est fréquemment orchestrale-symphonique, plus rarement les sons pop typiques de Bollywood. Le casting suit d'autres logiques : les stars du cinéma Telugu ou Kannada sont ici centrales, pas automatiquement des reprises de productions hindi.
Qu'est-ce que cela implique pour la technique ? Lorsque vous éclairez un film Deccani, vous travaillez avec des températures de couleur plus élevées lors des prises de jour — la lumière du Deccan est différente de celle de Mumbai. La sensibilité des capteurs de caméra doit tenir compte des reflets locaux des huiles cutanées, et l'étalonnage des couleurs privilégie les tons terreux. La salle de montage travaille plus lentement, car la dramaturgie ne repose pas sur des jump cuts, mais sur des moments de silence. La post-production à Bangalore ou Hyderabad a souvent des infrastructures plus petites que les studios de Bollywood — cela exige des flux de travail différents, plus de responsabilité individuelle pour les différents corps de métier.
Sur le plan économique, le cinéma Deccani est nettement plus petit que le cinéma hindi, mais résistant. Les taux d'audience régionaux sont stables, les remakes et adaptations fonctionnent de manière fiable. Pour les directeurs de la photographie et les cadreurs, cela signifie : moins de budget, mais aussi moins de pression pour livrer du « Masala ». On peut travailler de manière plus subtile, aborder la lumière et la caméra de manière plus expérimentale. Cela rend les productions Deccani plus attrayantes pour de nombreux techniciens que la machinerie classique de Bollywood.