Lier plusieurs bobines de film ou pistes audio de façon synchrone — classiquement avec ruban perforé; numériquement via timecode.
En montage analogique, vous vous asseyez devant une Steenbeck ou une Moviola et devez faire tourner plusieurs bobines de film en synchronisation — c'est le couplage. Vous reliez les bobines ensemble par du ruban perforé et des engrenages, afin que l'image et le son défilent exactement en parallèle. Si les pistes s'écartent ne serait-ce que d'une perforation, vous entendez immédiatement le décalage : le son passe devant ou reste en arrière. C'est pourquoi le couplage était une compétence fondamentale de tout monteur — un travail physique, artisanal.
La pratique était délicate. Vous placez la première bobine (généralement l'image) dans la machine, la faites passer sur les rouleaux de guidage et la tendez. Ensuite, vous prenez la piste sonore — en 16 mm ou 35 mm, souvent plusieurs bobines audio pour différents sons — et la fixez avec des attaches de ruban perforé à la bobine d'image. Le ruban perforé passe dans la perforation des deux bandes de film ; puis vous le glissez dans le mécanisme de verrouillage spécial de la Steenbeck. L'engrenage entraîne uniformément toutes les bobines couplées. Si une pince est de travers ou le ruban perforé trop lâche, tout le rythme du montage peut basculer.
Les productions multipistes (par exemple, un mixage cinéma avec une piste dialogue, une musique et des effets sur des bobines séparées) exigeaient patience et concentration. Il fallait mémoriser l'ordre, ne pas confondre les bobines et manipuler toutes les bandes simultanément lors des avances et retours — aucune automatisation ne vous aidait. Souvent, les bobines entraient en collision ou le ruban perforé se déchirait, et il fallait alors recoupler.
En montage numérique, le couplage est devenu un concept fantôme. Le monteur utilise la synchronisation par timecode ou le "track linking" dans le NLE (Avid, Premiere, Final Cut) : l'image et le son sont liés dans le même conteneur de clip ou via des références de timecode. Un clic, et ils se suivent. Pas de perforations, pas d'engrenages, pas de source d'erreur physique. Mais ceux qui travaillent avec du matériel ancien ou qui comprennent encore le montage 16 mm connaissent la force disciplinaire du couplage — il imposait la précision.