Transformation du matériau entre formats ou espaces colorimétriques — 2K vers 4K, Log vers Rec.709, 24p vers 30p. Avec ou sans perte selon l'algorithme.
Vous êtes en montage et vous vous rendez compte : la caméra a tourné en DCI 4K, mais le projet tourne sur une timeline 2K. Ou l'inverse — matériel 2K, mais la livraison finale exige du 4K. C'est la conversion — et elle devient plus rapidement une routine que vous ne le souhaiteriez. Il ne s'agit pas seulement de résolution. La conversion signifie : transférer des images d'un standard technique à un autre — résolution, espace colorimétrique, fréquence d'images, voire ratio d'aspect. Chacune de ces transformations a des conséquences, et toutes ne sont pas réversibles.
Le plus souvent, vous êtes confronté à la conversion de résolution. Upscaling de 2K à 4K, downscaling de 6K caméra RAW à 2K DCP. Le problème : vous ne pouvez pas ajouter de véritable information. L'upscaling utilise des algorithmes d'interpolation — Nearest Neighbor (rapide, pixellisé), Bilinéaire (médiocre), Bicubique (meilleur), ou des procédés sophistiqués basés sur l'apprentissage automatique (Topaz, Super Resolution). Le downscaling est moins critique — vous jetez de l'information, mais ne perdez pas en crédibilité. Néanmoins : le downsampling avec anti-aliasing est la voie à suivre, pas simplement la suppression de pixels.
Ensuite, la conversion d'espace colorimétrique — souvent le problème le plus délicat. DCI-P3 vers Rec.709, profils Log (Arri LogC, Sony S-Log) vers Rec.709 pour la diffusion. Ici, rien de moins ne se produit : vous mappez des informations de couleur de gamuts plus grands vers des gamuts plus petits, en resaturant, en perdant des hautes lumières ou des ombres. Une bonne LUT le fait avec intention ; une stupide table de correspondance 1D brûle les détails. La conversion de fréquence d'images — 24p vers 30p, 25p vers 24p — appartient également à cette catégorie. Optical Flow, interpolation de mouvement, ou duplication simple d'images : chaque méthode a son prix.
Professionnellement, la conversion s'effectue dans le workflow de conformité : le DIT ou le superviseur VFX définit les spécifications de conversion avant la production. Sans perte (8 bits, 10 bits, 16 bits linéaire) lorsque cela est possible ; avec perte (H.264, H.265) uniquement à la fin de la chaîne de livraison. En toute franchise : une conversion doit être transparente — le spectateur ne doit voir aucune différence entre le matériel natif et le matériel converti. Si c'est le cas, quelqu'un a choisi le mauvais algorithme, fait de mauvaises hypothèses sur l'espace colorimétrique, ou effectué la conversion trop tôt dans le workflow. Une bonne gestion de la conversion est invisible. C'est aussi sa norme.
Actualités
Dans le travail vidéo pratique, l'importance de la conversion se manifeste particulièrement avec les moniteurs clients. De nombreux moniteurs bon marché ne peuvent pas convertir automatiquement les séquences Log en Rec.709, ce qui rend le matériel brut peu attrayant pour les clients. Cela fait de la conversion en temps réel un facteur important dans la planification de l'équipement pour les tournages professionnels.