Négatif dupliqué généré à partir de matériel réversible (ex. Kodak Ektachrome) — protégeait les négatifs originaux de la coupe dans les workflows d'archive pré-numériques.
Ceux qui travaillaient avec des négatifs originaux précieux — documentaires, archives, productions coûteuses — avaient recours à l'internégatif couleur. C'était la solution classique pour préserver l'original tout en tirant un nombre illimité de copies. On exposait de l'Ektachrome ou des films inversibles similaires avec le positif original, on développait un internégatif, et à partir de celui-ci, on tirait toutes les copies de travail et les copies finales. Les pertes de qualité étaient minimales — si l'exposition était correcte.
L'astuce : le matériau inversible produit une image inversée par double exposition et développement. Autrement dit, en partant d'un positif avec un matériau inversible couleur, on obtenait un négatif utilisable sans perte de qualité majeure. Avec un matériau négatif conventionnel, il aurait fallu travailler via un film inversible — des images nettement plus grises, des problèmes de contraste. Avec le procédé d'internégatif, la saturation des couleurs, le noircissement, toute la gradation restaient plus proches de l'original. Concrètement sur le plateau, cela signifiait : l'original était stocké en lieu sûr, le monteur travaillait avec l'internégatif, et parallèlement, le matériel de travail était déjà exposé.
Les inconvénients étaient inhérents au système. Chaque exposition supplémentaire — même sous lumière stabilisée — entraînait des dérives de couleur, du grain, une légère perte de luminosité. Sur de longues bobines, les erreurs s'accumulaient. De plus : le film inversible était cher, les tolérances d'exposition étaient plus étroites qu'avec les matériaux négatifs. Une erreur lors du transfert, et tout l'internégatif était perdu. C'est pourquoi un travail de laboratoire propre était essentiel — mesure d'exposition exacte, développement à température stable, optiques propres lors de la duplication par contact.
Aujourd'hui, tout se fait en numérique — scan, montage, étalonnage, DCP. Le procédé classique d'internégatif relève de la connaissance des archives. Mais ceux qui travaillent sur de vieux projets 35 mm ou restaurent des fonds de films rencontrent encore de tels internégatifs. Ils présentent souvent nettement moins de rayures et d'usure que les négatifs originaux, car ceux-ci restaient stockés. Un avantage — si l'internégatif lui-même est encore techniquement propre. Les dérives de teinte ou le grain indiquent souvent des conditions d'exposition problématiques lors de la fabrication.