Narration qui encode les processus mentaux — mémoire, perception, imagination — directement dans l'image et le montage. Rend visibles les structures de la pensée.
Lorsque vous êtes en salle de montage et que vous réalisez que la logique classique du montage ne suffit pas — que vous ne devez pas simplement montrer une pensée, mais rendre visible la structure de la pensée elle-même — alors vous travaillez avec la poétique cognitive. Il ne s'agit pas qu'un personnage se souvienne et que vous coupiez en mode flashback vers une autre époque. Il s'agit de la manière dont le cerveau fonctionne réellement : de manière associative, fragmentaire, par sauts, avec des superpositions.
La pratique sur le plateau et en montage se distingue radicalement des modèles narratifs classiques. Vous travaillez avec des métaphores visuelles pour des processus cognitifs — non pas comme décoration, mais comme grammaire narrative. Cela signifie : la fréquence de coupe devient le pouls de l'attention. La profondeur de champ montre sur quoi la conscience se focalise. Une superposition n'est pas un effet, mais une opération sémantique — deux moments existent simultanément parce qu'ils entrent en collision dans la tête du personnage. Les transitions floues peuvent représenter le flux de pensée, les sauts sans raccord de continuité interne la logique interne de l'association.
Dans le dialogue avec la caméra et la lumière, il s'agit que la grammaire visuelle suive le processus de pensée, et non le monde réel. Si un personnage a compris quelque chose, le montage pourrait soudainement être rythmé différemment — plus vite, plus précisément. S'il est confus, la continuité spatiale se désagrège. La mise en lumière peut exprimer la clarté ou l'obscurité mentale, sans devenir des gestes psychologiques. Ce n'est pas de l'expressionnisme au sens classique — c'est une traduction directe de la logique de perception en forme cinématographique.
La différence avec la simple visualisation de pensées : vous ne rendez pas la pensée visible sur les images, mais à travers la structure cinématographique elle-même. Un montage devient une opération de pensée. Un changement de mise au point un déplacement de l'attention. Cela exige de la précision dans chaque élément — de la composition à la température des couleurs. C'est de l'artisanat, pas de l'illustration.