Deux producteurs ou plus financent et réalisent ensemble — courant pour les projets internationaux afin de répartir les coûts et accéder aux aides. Les contrats définissent le crédit, les profits, les droits.
Plusieurs sociétés de production s'associent pour réaliser un projet — c'est la pratique derrière cela. La charge financière est répartie, les risques aussi. Ceux qui travaillent avec un budget international ne peuvent y échapper : une coproduction franco-allemande, par exemple, utilise des subventions des deux pays, ce qui signifie au final que le montant total du budget peut être plus élevé que ce qu'une production nationale seule aurait jamais pu réaliser. C'est la logique économique — et en même temps la plus grande complexité.
Le contrat stipule qui paie quoi, qui participe aux bénéfices et qui conserve quels droits créatifs. Cela peut sembler aride, mais cela décide de la distribution du film, du merchandising et des droits de rediffusion. Le premier chef opérateur n'est pas présent dans ces négociations — mais il le remarque lorsque la direction de production demande soudain de nouvelles spécifications parce que le coproducteur canadien a imposé des réglementations de laboratoire plus strictes ou que la partie française exige un format de film ou une norme d'étalonnage des couleurs spécifiques. C'est là qu'il est avantageux de connaître les spécifications techniques à l'avance.
Concrètement, la coproduction signifie souvent : des équipes différentes sur des lieux de tournage différents, ou une équipe centrale qui fait la navette entre les pays. La post-production est alors volontiers partagée — le montage peut-être à Berlin, le mixage son à Paris, les VFX dans un troisième pays où les tarifs sont plus avantageux. Ceux qui veulent maintenir une continuité dans le look ont besoin d'une référence DCP stricte ou d'une Look-Up Table que tous les participants doivent respecter. Les dérives de couleur accidentelles entre les stations de post-production sont un problème classique des coproductions — précisément parce que le contrôle de la qualité visuelle n'est pas centralisé.
Les taux de subvention varient considérablement : l'Allemagne verse souvent des fonds liés à un producteur allemand. La France de même. Les contrats de coproduction doivent refléter cela — qui est l'actionnaire majoritaire, qui donne le ton créatif. Dans le quotidien du plateau, cela signifie : le producteur A dicte le plan de tournage et les éléments essentiels du budget, le producteur B a voix au chapitre pour le casting ou la palette de post-production. Pour la réalisation et le directeur de la photographie, cela peut être avantageux si les partenaires s'accordent — ou paralysant, si ce n'est pas le cas.