Profondeur d'image plate, bidimensionnelle par mauvais compositing ou flou de mouvement — acteurs collés sur fond. Défaut critique en VFX.
Vous connaissez ça : un personnage se tient devant le décor et, même si l'éclairage est bon et le mouvement fluide, l'ensemble ressemble à une découpe de papier sur une carte postale. C'est l'effet carton — et c'est le signe certain que quelque chose a mal tourné dans le compositing ou le contrôle du mouvement. Il ne s'agit pas d'un manque de détails, mais de la cohérence spatiale. Le personnage et son environnement ne vivent pas dans le même espace.
Les causes principales sont au nombre de trois : Premièrement, si le flou de mouvement entre le premier plan et l'arrière-plan ne fonctionne pas en synchronisation. Le personnage CG a été calculé avec un flou de mouvement de 12 mm, mais l'arrière-plan live-action montre 24 mm — soudain, le personnage semble plaqué, pas intégré à la scène. Deuxièmement, si la profondeur de couleur et le contraste ne correspondent pas. Un personnage avec une couleur 3D stérile devant un arrière-plan live-action granuleux et texturé — on voit immédiatement que cela ne va pas ensemble. Les yeux enregistrent inconsciemment : plat, synthétique, faux. Troisièmement, si la profondeur de champ n'est pas prise en compte. Votre personnage est net partout, tandis que l'arrière-plan est flou dans un bokeh — les plans se séparent visuellement au lieu de s'unir.
En pratique, vous évitez cela en collectant les données de passe de profondeur dès le tournage ou la création des assets et en testant chaque canal individuellement dans le comp. La correspondance des couleurs n'est pas facultative — c'est de l'archéologie. Vous devez capturer exactement la température de couleur, le grain, la saturation de l'original live-action et faire en sorte que vos couches CGI aient l'air tout aussi imparfaites et authentiques. Une astuce consiste à désaturer ou à "souiller" brièvement les finaux — pas partout, mais subtilement dans les ombres et les transitions. Cela supprime la qualité caoutchouteuse stérile, typique du look carton.
Le flou de mouvement doit être appliqué aux deux couches, et ce avec une cohérence de champ vectoriel — le mouvement de l'arrière-plan et du personnage doit provenir de la même matte vectorielle, sinon ils divergent. Il en va de même pour les corrections de couleur : si vous tirez le plan vers des tons plus chauds plus tard, cela se fait simultanément pour les deux plans, pas séquentiellement. L'effet carton est un problème de timing et de cohérence, pas un problème de détails. Deux couches 8 bits mal assemblées auront l'air moins chères qu'une combinaison brillante avec une mauvaise couleur et un mauvais mouvement.