Cinéma australien 1900s–1920s — films d'aventure sur les hors-la-loi du bush. Premières productions commerciales devenues succès mondiaux.
Vers 1900, le cinéma australien découvrit une mine d'or : la légende des brigands qui semaient la terreur dans l'outback sauvage. Ces Bushrangers — des bandits historiques comme Ned Kelly — devinrent des icônes de l'écran et posèrent les bases de la première véritable industrie cinématographique australienne. Ce qui commença comme un folklore régional devint un phénomène mondial, prouvant que les films d'aventure pouvaient fonctionner sans les studios européens.
La fascination résidait dans l'authenticité du décor. Alors que Hollywood tournait encore en studio, les cinéastes australiens avaient la nature sauvage devant la caméra — indomptable, dramatique, photogénique. Le bush non traité devint le personnage principal, et les brigands y jouaient les rôles de héros ou de scélérats, selon les vents politiques locaux. The Story of the Kelly Gang (1906) est considéré comme l'un des premiers longs métrages et attira des spectateurs à Londres, New York et Paris. Le calcul économique était clair : tourner moins cher qu'en Europe, des paysages authentiques, une commercialisation internationale.
Pour le langage cinématographique, cela signifia un bond en avant. Les films de Bushrangers obligèrent les directeurs de la photographie à travailler en plein air — l'exposition, le mouvement, le montage devaient composer avec la lumière naturelle et les distances réelles. Ce n'était pas du drame de salon comme les pièces de théâtre européennes. On développa des techniques pour les scènes de poursuite à travers des paysages, pour les cascades à cheval, pour le montage de séquences d'action qui devinrent plus tard la norme du film d'aventure.
La vague s'estompa lorsque Hollywood popularisa les westerns de cow-boys et que l'industrie cinématographique australienne s'effondra à nouveau dans les années 1920. Mais le genre avait fait son travail : il montra au monde que le cinéma n'était pas lié aux studios, et il prouva que les paysages exotiques et le folklore local attiraient un public qui vidait les poches des Européens et des Américains. Plus tard vinrent les westerns et les films d'aventure — au fond, ils jouaient le même jeu que les Bushrangers australiens avaient ouvert la voie.