Caméra compacte montée sur le corps de l'acteur — format GoPro pour POV ou documentaire. Perspective immédiate sans équipe dans le cadre.
Sur le plateau, la caméra est fixée au corps — poitrine, casque, épaule — et cela change fondamentalement la manière dont vous racontez une scène. Vous n'avez pas besoin d'un caméraman supplémentaire dans une scène exiguë, ni d'un opérateur Steadicam qui se faufile dans un couloir. La caméra corporelle documente le monde du point de vue subjectif d'un personnage, sans que la caméra elle-même ne devienne visible. C'est le cœur du sujet : un POV immédiat, sans détours.
En pratique, on travaille le plus souvent avec des GoPro ou des caméras d'action similaires — robustes, suffisamment petites pour ne pas apparaître dans le cadre lorsque le personnage se regarde dans un miroir. Le montage est déterminant : une sangle de poitrine pour une perspective plus stable et respirante ; un support de casque pour un POV plus dynamique et lié aux mouvements de la tête (comme dans les films d'horreur found footage ou les documentaires policiers). L'impression visuelle est caractéristique — grand angle, distorsion sur les bords, plus directe et non filtrée que les subjectives classiques.
Sur le plateau, il faut tenir compte de l'objectif : la distorsion grand angle crée un sentiment de proximité et d'oppression, même si l'acteur est détendu. Faites attention aux bruits de microphone dus au vent corporel et aux frottements sur le gilet — des mesures de protection contre le vent externes sont utiles. L'autonomie de la batterie est votre ennemie, d'autant plus que vous ne pouvez pas simplement couper lors de prises longues sans briser le POV. Faire fonctionner deux ou trois caméras en parallèle est la norme.
Au montage : les séquences en caméra corporelle paraissent brutes et authentiques, surtout dans les contextes documentaires ou réalistes. Mais attention — trop de cela fatigue l'œil, car la perspective n'est ni dramatisée classiquement ni montée de manière rythmique. Elle fonctionne mieux comme un accent, comme un moment d'immersion, pas comme un film entier. Le found footage a exploité ce potentiel ; aujourd'hui, on l'utilise spécifiquement pour "déstabiliser" une scène ou donner au spectateur le sentiment d'être au cœur de l'action — non pas en tant qu'observateur, mais en tant que le corps lui-même.