Procédé bicolore ancien (ca. 1920–1950) — rouge et vert mélangés sur pellicule noir et blanc. Crée des dominantes chaudes ou froides sans vraie couleur — nostalgique, limité techniquement.
Le Biochrom fonctionne différemment de ce que l'on pense aujourd'hui : ce n'est pas un vrai film couleur, mais une illusion d'optique basée sur un matériau négatif noir et blanc. Le procédé utilise deux sélections de couleurs (rouge et vert) qui sont exposées sur le même support noir et blanc. Le résultat : un film d'aspect monochrome avec des teintes subtiles qui relèvent plus du coloris que de la vraie couleur. Des années 1920 au début des années 1950, c'était une solution pratique – moins chère que le Technicolor, plus économique en espace, mais esthétiquement très limitée.
Sur le plateau, on le remarque immédiatement : le matériau Biochrom réagit étrangement à certaines longueurs d'onde lumineuses. Les tons rouges et verts sont capturés de préférence, tout le reste se dégrade en nuances de gris. Une veste bleue apparaît gris foncé, un rideau rouge prend une teinte brun orangé – non pas par filtrage, mais par l'architecture bicolore du négatif. Cela crée une ambiance chaude ou froide, selon la couleur dominante. On peut partiellement contrôler cela avec l'éclairage, mais on n'a pas de véritable contrôle – la limite du matériau est dure et impitoyable.
Les praticiens utilisaient autrefois le Biochrom comme un moyen économique – pour les films B, les courts métrages, parfois même des longs métrages à petit budget. La limitation est devenue une signature esthétique : le film couleur avait toujours l'air légèrement artificiel, d'une certaine manière nostalgique, avant même que quiconque n'ait prononcé le mot nostalgie. En montage, le Biochrom offre peu de marge de manœuvre pour la correction des couleurs – ce que vous avez capturé est là. Les effets de blanchiment et de décoloration apparaissent naturellement, car le matériau est moins stable que les procédés couleur plus modernes.
Aujourd'hui, le Biochrom intéresse principalement les restaurateurs et les historiens du cinéma. Les stocks de matériaux sont devenus fragiles, les procédés chimiques pour la production sont depuis longtemps abandonnés. Si vous travaillez dans des archives avec du matériel ancien produit selon ce procédé, vous le reconnaîtrez à sa teinte caractéristique et à son grain – et au fait que vous n'avez pas de séparation des couleurs comme avec un vrai négatif couleur. C'est important pour la numérisation : le matériau Biochrom nécessite des profils de scan différents de ceux du Technicolor ou des négatifs couleur modernes.