Étalonnage de la caméra pour une reproduction des couleurs neutre en s'adaptant à la source lumineuse (lumière naturelle 5600K, éclairage artificiel 3200K).
Détails techniques
Les caméras de cinéma numériques fonctionnent avec des préréglages de balance des blancs standardisés : lumière du jour (5600K), lumière artificielle/tungstène (3200K), tubes fluorescents (4000K-5000K) et lumière HMI (5600K). La RED V-Raptor, par exemple, capture des températures de couleur comprises entre 2000K et 11000K par pas de 100K. Les caméras modernes utilisent des algorithmes de balance des blancs automatique (AWB) qui analysent en continu les histogrammes RVB et calculent les facteurs de correction en temps réel. La balance des blancs manuelle s'effectue à l'aide de cartes grises (gris à 18%) ou de cartes blanches, mesurées sous la source lumineuse respective.
Histoire & Évolution
Kodak a introduit en 1963 les premières émulsions de film à compensation de température, rendant superflus les filtres mécaniques pour différentes sources lumineuses. La balance des blancs électronique s'est développée à partir de 1975 avec les premières caméras vidéo de diffusion de Sony et Ikegami. En 1987, la Betacam SP a révolutionné le flux de travail grâce à ses fonctions de balance des blancs automatique. Avec l'avènement des caméras de cinéma numériques à partir de 1999 (Sony HDW-F900), la balance des blancs est devenue un processus basé sur logiciel, permettant des corrections en post-production dans les formats RAW.
Utilisation pratique au cinéma
Roger Deakins a utilisé de manière ciblée des réglages de balance des blancs différents pour les scènes d'intérieur (2800K) et d'extérieur (6500K) dans "Blade Runner 2049" (2017) afin de renforcer l'atmosphère dystopique. Les documentaristes travaillent souvent avec une balance des blancs fixe à 4300K comme compromis entre la lumière artificielle et la lumière du jour. Sur "Mad Max: Fury Road" (2015), John Seale a corrigé des conditions de lumière désertique extrêmes en réglant la balance des blancs sur 7200K pour optimiser la palette de couleurs orange-bleu en post-production. Les configurations multi-caméras exigent des réglages de balance des blancs identiques sur toutes les caméras afin de minimiser les efforts de correspondance des couleurs.
Comparaison & Alternatives
La balance des blancs se distingue du color grading par son caractère technique de correction des couleurs, par opposition à la conception créative des couleurs. Alors que les LUTs (Look-Up Tables) créent des ambiances colorées esthétiques, la balance des blancs établit la neutralité technique des couleurs. Le monitoring en fausses couleurs affiche les écarts de température de couleur en temps réel, mais ne remplace pas un étalonnage précis de la balance des blancs. L'enregistrement en RAW permet une correction ultérieure de la balance des blancs sans perte de qualité, tandis que les formats compressés (ProRes, H.264) offrent une flexibilité limitée en post-production.