Suivi immersif temps réel via casque ou espace volumétrique — le casque ou caméra spatiale capture le mouvement. Base pour prévisualisation VFX et murs LED.
La réalité virtuelle sur le plateau fonctionne tout à fait différemment de ce que la plupart des gens pensent. Il ne s'agit pas principalement de lunettes pour les spectateurs — il s'agit de suivi en temps réel et de capture spatiale pendant la production. Vous êtes assis dans le fauteuil du réalisateur, portez un HMD (casque de réalité virtuelle) ou vous vous trouvez dans l'espace volumétrique capturé par un réseau de caméras infrarouges, et vous voyez immédiatement à quoi ressemble votre travelling prévu dans un environnement virtuel. La latence doit être inférieure à 20 millisecondes, sinon vous vous sentirez mal.
L'application pratique repose sur trois piliers : Premièrement, la prévisualisation — vous testez le blocking, les mouvements de caméra et les enchaînements de plans avant même que l'équipe réelle ne soit mobilisée. Cela permet d'économiser des jours de tournage. Deuxièmement, le repérage dans des espaces virtuels — si un lieu est trop cher ou inaccessible, vous le recréez dans un moteur (Unreal, Unity), vous vous y déplacez, vous trouvez des angles de vue. Troisièmement, le compositing en direct sur des murs LED : l'arrière-plan suit votre caméra réelle en temps réel, car un système de capture de mouvement (OptiTrack, Vicon) enregistre vos mouvements et les envoie au moteur. Ce n'est pas seulement efficace — cela donne à l'équipe un éclairage réel venant de l'avant, de vrais reflets dans les yeux des acteurs.
Sur le plateau lui-même, vous verrez trois scénarios : Le setup de prévisualisation VR fonctionne généralement avec un seul HMD et une combinaison de suivi. Le réalisateur ou le directeur de la photographie se déplace dans le studio, tandis que des marqueurs infrarouges sur les épaules, les bras et la tête captent sa position en trois dimensions — dix à douze caméras tout autour. Le signal de sortie va directement dans le moteur VR. Cela ne pose problème que pour les lieux extérieurs ou lorsque la lumière naturelle submerge les marqueurs. Le deuxième scénario est le setup volumétrique : au lieu d'un HMD, vous ne portez rien, mais un réseau de caméras 4K vous filme sous tous les angles. Le logiciel vous photogrammétrie en temps réel, vous devenez un nuage de points tridimensionnel. C'est de l'or pour les tests VFX — vous pouvez éclairer, faire pivoter, redimensionner un acteur depuis n'importe où.
Le troisième est le suivi sur mur LED : la caméra réelle (RED, ARRI) possède des marqueurs ou un capteur relié à un système de capture de mouvement. Pendant que vous faites des panoramiques et des travellings, le système envoie en permanence la position et la rotation au moteur sur le mur LED derrière les acteurs — l'arrière-plan parallaxe correctement. Pour cela, vous avez besoin d'une synchronisation absolument stable entre la caméra, le suivi et le moteur : un décalage de ±2-3 images et l'illusion se brise. Le son suit en parallèle — la direction de production et le DIT doivent synchroniser le matériel.
Les coûts sont considérables : équipement, licence du moteur, support technique sur site — rapidement 50 000 euros par jour de tournage. Cela ne se justifie que pour les grands projets, les séries ou les studios ayant des besoins répétés. Pour un long métrage unique, où les lieux sont authentiques, c'est souvent un gadget.