Technique de tournage à fréquence réduite (6–20 fps au lieu de 24 fps) produisant un mouvement accéléré à la projection; inverse du surcranking.
Détails techniques
Les fréquences typiques de sous-vitesse (undercranking) se situent entre 6 et 20 images par seconde. Une prise de vue à 12 ips et une lecture à 24 ips créent une vitesse doublée. Les caméras numériques modernes offrent des fréquences d'images réglables avec précision, de 1 ips à la fréquence normale. Le temps d'exposition par image individuelle s'allonge proportionnellement à la réduction de la fréquence d'images, ce qui nécessite un ajustement correspondant de l'ouverture ou des valeurs ISO. Les moteurs à vitesse variable sur les caméras de cinéma professionnelles comme l'Arriflex 435 permettent un réglage progressif de la fréquence d'enregistrement entre 1 et 150 ips.
Histoire et développement
Le sous-vitesse (undercranking) est apparu dès les années 1890 avec les premières caméras de cinéma d'Edison et des frères Lumière. Georges Méliès a utilisé cette technique de manière systématique à partir de 1896 pour des effets magiques dans ses films. La standardisation à 24 ips n'a eu lieu qu'avec le cinéma parlant vers 1930 – auparavant, les vitesses de projection variaient entre 16 et 26 ips. Les caméras numériques haut de gamme modernes comme la RED Ranger ou l'ARRI Alexa offrent aujourd'hui des fréquences d'images de 0,75 ips pour des accélérés extrêmes jusqu'à plusieurs milliers d'ips pour des super ralentis.
Utilisation pratique au cinéma
Les applications classiques se trouvent dans les comédies du cinéma muet – Buster Keaton utilisait le sous-vitesse (undercranking) pour des séquences acrobatiques, Charlie Chaplin pour des poursuites effrénées. Dans "Koyaanisqatsi" (1982), Godfrey Reggio visualise l'accélération sociale par un accéléré extrême. Les documentaires utilisent 1 à 6 ips pour les mouvements de nuages ou la croissance des plantes. Le flux de travail exige un calcul précis : pour 30 minutes de temps réel et une fréquence d'enregistrement de 2 ips, seulement 2,5 minutes de matériel sont créées lors d'une lecture à 24 ips.
Comparaison et alternatives
Contrairement au sur-vitesse (overcranking) pour les ralentis, le sous-vitesse (undercranking) crée une accélération. Le Time-Lapse Photography est le terme moderne pour le sous-vitesse (undercranking) extrême avec des intervalles de secondes à heures entre les images individuelles. Le "Speed Ramping" en post-production permet d'obtenir des effets similaires numériquement, mais ne permet pas de correction ultérieure du flou de mouvement. Les intervalles (intervalomètres) contrôlent les prises de vue en accéléré automatiques de longue durée sur des jours ou des semaines. Les systèmes de contrôle de mouvement synchronisent les mouvements de caméra avec la base de temps modifiée pour des travellings en accéléré complexes.