Filtre à réseau de diffraction (100–300 lignes/mm) qui décompose les sources lumineuses en rayons directionnels. Maximal en grande ouverture, atténué à partir de f/8.
Détails Techniques
Les filtres Streak utilisent des réseaux de diffraction gravés sur du verre ou de l'acrylique optique, avec 100 à 300 lignes par millimètre. Les versions standard produisent des traînées de 2 mm à 15 mm de long à une ouverture de f/2.8. Les variantes comprennent le Blue Streak (renforce les composantes spectrales bleues), le Supernova (4-8 rayons), le Streak Anamorphique (lignes horizontales) et les prismes Multi-Image (réfraction multiple des rayons). Les filtres sont disponibles dans des tailles allant de 77 mm à 138 mm pour les systèmes de mattebox. L'effet s'intensifie aux grandes ouvertures et s'atténue nettement à f/8.
Histoire & Développement
Tiffen a développé les premiers filtres Streak commerciaux en 1978 comme alternative aux effets spéciaux optiques complexes en post-production. La première utilisation notable du filtre a eu lieu dans "Star Trek : Le film" (1979) pour la représentation des moteurs de l'Enterprise. Dans les années 1980, le filtre Streak s'est imposé comme un standard pour les productions de science-fiction. Depuis 2010, ces filtres connaissent un regain d'intérêt grâce à la renaissance de l'anamorphique, car ils renforcent le "look analogique" recherché des prises de vue numériques.
Utilisation Pratique au Cinéma
Le directeur de la photographie Michael Ballhaus a utilisé des filtres Streak dans "Les Affranchis" (1990) pour les séquences de boîte de nuit, afin de renforcer de manière atmosphérique l'éclairage artificiel. "Blade Runner 2049" (2017) a combiné des filtres Blue Streak 1/4 avec des sources lumineuses pratiques pour les scènes de rue dominées par les néons. Le filtre renforce les sources lumineuses existantes, mais ne crée pas d'effets sans reflets appropriés dans l'image. Les flux de travail modernes combinent souvent les filtres Streak avec des panneaux LED à une température de couleur de 5600K pour une réfraction optimale de la lumière. Inconvénients : perte de contraste en cas d'utilisation intensive et reflets indésirables lors des prises de vue en contre-jour.
Comparaison & Alternatives
Les filtres Streak se distinguent des filtres Star par une formation de rayons directionnels plutôt que radiaux. Les filtres Pro-Mist créent des halos diffus sans lignes nettes. En post-production, des effets similaires peuvent être créés avec des plugins tels que Optical Flares, mais sans l'interaction naturelle de la lumière du filtre optique. Les objectifs anamorphiques créent des traînées horizontales comme effet secondaire naturel de leur construction. Pour les sources lumineuses pratiques inférieures à 500 lux, les filtres Streak restent inefficaces ; les "Digital Flares" en correction colorimétrique s'offrent ici comme alternative.