Image comprimée horizontalement — optique anamorphique compresse l'information, décompressée à la projection. Crée le format cinéma 2,4:1 classique avec bokeh ovale.
L'optique anamorphique comprime l'information horizontale de l'image lors du tournage — c'est le point crucial. Vous filmez avec une lentille qui écrase l'image horizontalement par un facteur de 2 (ou 1,3x pour les variantes modernes), tout en conservant la résolution verticale. Le résultat semble d'abord déformé sur le moniteur : les personnes paraissent plus minces, les objets plus tassés. C'est normal et intentionnel. Ce n'est qu'au moment de la projection ou de la lecture que l'image est étirée à son rapport d'aspect naturel de 2,4:1 ou 2,35:1 grâce à un décompresseur approprié — le format cinématographique classique prend ainsi forme.
Concrètement, sur le plateau, cela signifie pour vous : vous travaillez avec un capteur d'image complet ou une caméra 4K, mais vous utilisez des adaptateurs anamorphiques ou des objectifs anamorphiques natifs. L'avantage est que vous utilisez toute la surface verticale du capteur, et non pas seulement une bande étroite comme avec le pillarboxing. Cela vous apporte plus d'informations optiques, moins de susceptibilité au moiré et la possibilité de créer une lumière cinématographique classique — ces fameux lens flares horizontaux caractéristiques et cette bokeh spécifique que les optiques anamorphiques apportent. De nombreux directeurs de la photographie choisissent l'anamorphique précisément pour ces particularités visuelles : des flares allongés, des aberrations spécifiques qui donnent à l'image une esthétique inimitable.
En pratique, lors du montage et de l'étalonnage, vous avez besoin d'un workflow approprié : les fichiers RAW ou les masters ProRes doivent être marqués comme anamorphiques, afin que votre coloriste et l'éditeur en ligne sachent qu'une décompression est prévue. De nombreux systèmes NLE modernes gèrent cela via des métadonnées ou des réglages explicites de pixel aspect ratio. C'était plus complexe autrefois — aujourd'hui, c'est largement automatisé, tant que vous travaillez de manière cohérente. Important : ne confondez pas avec le pillarbox — ce n'est qu'un masquage numérique, pas une compression optique. Avec des objectifs anamorphiques, vous avez une véritable compression optique qui conduit à plus d'informations d'image.
La tendance de ces dernières années : de nombreuses productions indépendantes utilisent l'anamorphique, car le matériel est devenu abordable et l'élément de look — ce format cinématographique large et caractéristique avec ses particularités optiques — est immédiatement reconnaissable par le spectateur. Ce n'est pas seulement un format, c'est un style.