Sous-genre d'horreur fondé sur l'assassin en série et la dynamique de chasse — violence stylisée, tension par coupes POV. Template depuis Psycho.
Dans le slasher, un tueur unique élimine méthodiquement un groupe de victimes — souvent isolées, souvent de nuit, toujours avec une arme tranchante. Le mécanisme est simple et donc efficace : la tension ne naît pas de la surprise, mais de la certitude que quelqu'un va mourir. On ne sait juste pas quand ni à quelle distance se trouve le meurtrier. C'est ce qui le distingue des thrillers psychologiques, où l'identité ou la motivation du coupable est au centre de l'attention — ici, seule la chasse importe.
Visuellement, les slashers s'appuient sur une grammaire de point de vue (POV) stricte. Le créateur travaille avec des perspectives de caméra subjectives, souvent au niveau des yeux du tueur, combinées à des rythmes de montage qui génèrent un sentiment d'étouffement. Halloween a établi le modèle : longs travellings Steadicam, musique minimale (le bruit de la respiration de Michael Myers suffit), un antagoniste sans gros plan, juste une silhouette. Cela fonctionne si bien que des réalisateurs comme David Fincher ou des auteurs plus jeunes utilisent encore cette formule — avec des variations, pas une réinvention.
Ton travail de montage dans le slasher tourne autour de la tension et du relâchement (tension and release). Tu coupes au moment où la victime remarque le tueur (ou pas). L'utilisation de la musique est à l'opposé de la partition d'horreur classique — souvent, le silence ou le bruit du quotidien suffit à créer un malaise. Certains classiques utilisent un matériel thématique répétitif, presque minimaliste, qui s'immisce sous la perception comme un battement de cœur constant. Cela rend possible une rapidité numérique : jump cuts, freeze frames, dissonances de montage où l'œil ne peut suivre l'oreille.
Formellement, le slasher s'est fortement standardisé grâce au succès des franchises (Vendredi 13, Les Griffes de la nuit). Le genre supporte cependant aussi la subversion : les méta-slashers comme Scream jouent avec les règles, sans détruire la structure de base. Certains auteurs renforcent la chorégraphie de la violence dans un style artistique — cela déplace l'horreur de la peur vers le savoir-faire. Sur le plateau, ta tâche est claire : tu établis l'espace (souvent labyrinthique, rendant la fuite impossible), tu modères le rythme de la poursuite, et tu rends le tueur dangereux par sa constance, pas par le surnaturel. Il est humain, ce qui le rend réel.