Enregistrement ininterrompu de la caméra. Plusieurs prises du même plan offrent des choix au montage et à la performance.
Vous êtes sur le plateau, la caméra tourne, l'actrice dit sa réplique — c'est votre prise. De "Moteur" à "Coupez", un enregistrement continu est effectué. Pas de coupes au milieu, pas d'interruption de la caméra. C'est l'unité brute avec laquelle vous travaillez plus tard au montage. Une prise peut durer trois secondes ou trois minutes — l'important est qu'elle soit enregistrée d'un seul tenant.
La pratique montre rapidement pourquoi plusieurs prises de la même scène sont indispensables. Votre première prise est parfaite — jusqu'à ce que l'acteur trébuche dans la dernière seconde. La deuxième prise : problème de son. La troisième : la lumière a vacillé. La quatrième est bonne. Mais la cinquième est encore plus intense émotionnellement. Au montage, vous choisissez ensuite quelle prise fonctionne le mieux — ou vous combinez des parties de différentes prises pour un montage composite, si la qualité technique est là et que la performance convient. C'est ce qui différencie les professionnels des débutants : avoir une quantité de prises pour avoir des options. Pas par insécurité, mais par savoir-faire.
Sur le plateau, vous distinguez le plan d'ensemble — la prise large de toute la scène — des plans rapprochés, des gros plans, des plans par-dessus l'épaule. Chacun est une prise distincte, chacun nécessite plusieurs prises. Un débutant tourne une scène en deux prises et pense que c'est suffisant. Ensuite, vous êtes bloqué au montage. Un réalisateur et un chef opérateur expérimentés tournent la même scène en huit, neuf prises — différentes focales, différentes hauteurs, des gros plans de réaction. Cela vous donne de la flexibilité au montage, du rythme, de la tension.
Le terme take est souvent utilisé comme synonyme, mais il est techniquement plus précis : c'est la numérotation — take 1, take 2, take 3. La continuité scénaristique et le chef monteur notent chaque take avec le timecode et une annotation : "Take 3, bon jusqu'à l'image 1247, puis erreur de son". Cela vous fait gagner de précieuses heures de recherche au montage. Vous ne faites pas défiler cent minutes de rushes, vous savez exactement quel take se trouve où. C'est pourquoi une communication claire entre la réalisation, la caméra et la continuité sur le plateau est fondamentale — c'est seulement ainsi que le film brut devient un matériau exploitable.