Film narratif construit autour de farces mises en scène ou réelles — décor, personnages, conflit ancrés dans des farces authentiques. Hybride de drame et réalité.
Les films de canulars fonctionnent selon un principe éprouvé : on prend une situation de canular réelle ou rejouée, on construit une histoire racontable autour, et on laisse la caméra tourner. Le problème principal est que les vrais canulars sont rarement dramatiquement parfaits — ils durent trop longtemps, ont des moments morts, ou la chute n'arrive pas là où on le souhaite. C'est pourquoi les réalisateurs optent soit pour la reconstruction (on rejoue le canular, avec des victimes réelles ou des acteurs), soit pour des formes hybrides où l'enregistrement documentaire et les réactions mises en scène sont mélangés.
Sur le plateau, cela signifie : vous avez besoin de la flexibilité d'un documentaire, mais du contrôle d'une production de long métrage. Les caméras multiples sont la norme — une pour la perspective "authentique" (cachée, à l'épaule, souvent avec un fisheye ou un montage caché), une ou deux pour les réactions de la victime ou des spectateurs. Le montage devient alors la véritable mise en scène : la comédie naît après coup par le timing, la musique et le rythme du montage. Ce n'est pas une création par la performance en direct comme dans le film de comédie classique, mais par le rythme au montage. Un bon exemple pratique : un moment apparemment inoffensif (quelqu'un ouvre une porte) devient une chute grâce à la musique et au montage — sans que la personne devant la caméra ne le joue activement.
Le plus grand défi est la zone grise éthique. Un canular "réel" signifie que le malaise ou la frayeur réelle sont capturés. Certains producteurs travaillent avec un consentement a posteriori, d'autres vont plus loin de manière agressive. Cela influence le ton et le montage : plutôt suffisant ou plutôt méchant ? La confiance entre la caméra et la victime est également fragile lors des reconstructions — les acteurs qui rejouent un canular doivent sembler crédiblement surpris, ce qui est notoirement difficile.
Les films de canulars se situent à la frontière entre la télé-réalité, le mockumentaire et le long métrage. Ils ne fonctionnent que si le spectateur croit brièvement à l'authenticité — puis vient la révélation ou la réaction. Cela les rend intéressants pour les productions à petit budget (moins chers que les longs métrages de comédie classiques), mais aussi pour le streaming, où le format des séquences courtes et hautement condensées en punchlines s'adapte parfaitement. Le travail de mise en scène réside moins dans la direction d'acteurs que dans l'architecture du montage et le placement de la caméra.