Un plan qui montre exactement ce que voit un personnage – la caméra adopte le point de vue du personnage.
Exemples célèbres · Plan subjectif
Peeping Tom
Powell radicalise le plan POV, la caméra devenant littéralement l'arme du crime du tueur – le spectateur est rendu complice involontaire du meurtrier par la subjectivité.
Halloween
La célèbre séquence d'ouverture du point de vue du tueur masqué établit le plan POV comme une convention de l'horreur et crée une menace maximale en anonymisant le coupable.
Being John Malkovich
Jonze utilise le plan subjective (POV) de manière conceptuelle et philosophique : pénétrer dans le regard d'une autre personne devient une métaphore de la perte d'identité et du désir voyeuriste, à l'instar de ce qui se passe dans "Being John Malkovich".
Hardcore Henry
Naishuller réalise le premier film d'action entièrement tourné à la première personne, poussant le principe du POV à son paroxysme – l'intégralité du film simule la perception visuelle du protagoniste.
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Définition
La subjectivité (Point of View Shot) montre l'action du point de vue exact d'un personnage de film et simule sa perception visuelle. La caméra prend la position des yeux du personnage et reproduit son angle de vue, sa hauteur des yeux et ses mouvements. Le terme s'est imposé dans les années 1920 parallèlement au développement du montage continu.
Détails techniques
Les plans subjectifs standards sont filmés à la hauteur des yeux du personnage représenté - généralement entre 1,60 m et 1,85 m pour les personnages adultes. Les subjectivités d'enfants nécessitent des hauteurs de 0,80 m à 1,40 m selon l'âge. L'axe de la caméra suit le mouvement naturel de la tête avec un mouvement horizontal maximal de 180° et vertical de 90°. Il existe trois variantes principales : la subjectivité statique (Fixed POV), la subjectivité en mouvement (Moving POV) avec un guidage à la main ou Steadicam, et la subjectivité déformée (Distorted POV) avec des objectifs grand angle à partir de 14 mm pour les états de conscience anormaux.
Histoire & Développement
F.W. Murnau a établi en 1924 dans "Le Dernier des hommes" la caméra subjective comme un moyen dramaturgique avec une caméra fixée sur la poitrine d'Emil Jannings. Abel Gance a expérimenté en 1927 dans "Napoléon" des plans subjectifs grâce à un mouvement de caméra mobile. John Carpenter a perfectionné en 1978 dans "Halloween" la subjectivité du tueur avec des séquences Steadicam de 2,5 minutes. L'ère numérique a permis à partir de 2000 des plans subjectifs plus complexes grâce à des systèmes de caméras plus légers et au post-traitement numérique de la stabilisation d'image.
Utilisation pratique dans le cinéma
Brian De Palma utilise dans "Blow Out" (1981) 47 plans subjectifs pour caractériser le protagoniste. "Le Projet Blair Witch" (1999) repose entièrement sur des plans subjectifs grâce à l'esthétique du caméscope. Le flux de travail nécessite une continuité précise entre le plan d'établissement du personnage, le plan subjectif et le plan de réaction. Avantages : identification émotionnelle directe, intimité économique. Inconvénients : composition d'image limitée, effort accru pour les raccords.
Comparaison & Alternatives
La subjectivité se distingue du plan en "over-the-shoulder" par l'élimination complète du personnage de référence dans l'image. La semi-subjectivité (Dirty POV) montre des parties du corps du personnage sur le bord de l'image. Les caméras d'action modernes permettent des micro-POV avec une résolution 4K pour un poids de 12 g. La réalité virtuelle étend les concepts de POV aux perspectives à 360°, tandis que la subjectivité classique en format 16:9 avec un champ de vision de 50° correspond à la perception humaine.