Technique d'éclairage associant des sources de températures de couleur distinctes (écart minimum 1000K), comme des tungstènes (3200K) et lumière du jour (5600K).
Détails techniques
Dans le cas de la lumière mixte, des sources lumineuses avec une différence de température de couleur d'au moins 1000K se rencontrent. Les combinaisons standard comprennent des spots tungstène (3200K) avec la lumière du jour par les fenêtres (5600K) ou des lampes HMI (5600K) avec des lampes d'appoint (2700K). La mesure de l'exposition est effectuée séparément pour chaque température de couleur à l'aide d'un colorimètre. Les panneaux LED modernes permettent un réglage continu de la température de couleur entre 2700K et 6500K tout en maintenant une puissance lumineuse constante. Les filtres Color Temperature Orange (CTO) et Color Temperature Blue (CTB) corrigent les différences de température de couleur par paliers de 1/8, 1/4, 1/2 et complets.
Histoire et développement
Les premières prises de vue documentées en lumière mixte ont été réalisées en 1935 pour "Becky Sharp" sous la direction du directeur de la photographie Ray Rennahan. Technicolor a développé des tables d'exposition spéciales pour la technique tricolore. Dans les années 1970, l'ASC (American Society of Cinematographers) a standardisé les flux de travail en lumière mixte pour le film 16 mm et 35 mm. L'introduction des caméras numériques à partir de 2000 a révolutionné la technique grâce à la balance des blancs en temps réel et à la correction des couleurs en post-production. RED Cameras a introduit l'enregistrement RAW en 2007, permettant des ajustements de température de couleur ultérieurs sans perte de qualité.
Utilisation pratique dans le cinéma
Roger Deakins a utilisé dans "Blade Runner 2049" (2017) un mélange de lumière provenant de néons (4100K) et de lampes à vapeur de sodium (2100K) pour créer des contrastes esthétiques cyberpunk. Emmanuel Lubezki a combiné dans "The Revenant" (2015) la lumière naturelle des bougies (1900K) avec la lumière du jour (5600K) pour des scènes d'intérieur authentiques. Les flux de travail modernes utilisent des moniteurs de prévisualisation LUT pour la représentation en temps réel de la colorimétrie finale. La lumière mixte réduit les temps d'installation car les sources lumineuses existantes sont intégrées. Les inconvénients comprennent une mesure d'exposition plus complexe et des dérives de couleur potentielles dans les tons chair.
Comparaison et alternatives
Par rapport à une température de couleur uniforme, la lumière mixte offre une répartition de la lumière plus naturelle et une profondeur spatiale accrue. L'éclairage à source unique nécessite un blindage complet des sources lumineuses externes à l'aide de bâches opaques ou de feuilles de diffusion. Depuis 2016, les ARRI SkyPanels et Litepanels Gemini permettent un mélange de lumière RVB avec des dégradés de couleurs programmables. Les plateaux de production virtuelle utilisent des murs LED (6500K) combinés à un éclairage de plateau pratique (3200K). Le choix entre la lumière mixte et l'éclairage uniforme dépend de l'esthétique visuelle souhaitée, du budget et des conditions spatiales.