Compression sans dégradation — chaque pixel reste identique après décompression. ProRes, DNxHD indispensables pour l'étalonnage; taille fichier plus lourde mais qualité intacte.
Sur le plateau, on remarque vite la différence : une compression sans perte signifie que les données d'image, une fois décompressées, sont pixel par pixel identiques à l'original. Aucune valeur n'est jetée, aucun canal de couleur n'est arrondi. Ce n'est pas un luxe — c'est une nécessité si vous voulez travailler plus tard au montage ou à la correction colorimétrique. Une compression H.264 vous coûterait trop de détails, surtout dans les ombres et les hautes lumières, où les bits sont déjà rares.
ProRes et DNxHD sont vos codecs standards sur le plateau et en post-production. ProRes, dans ses différentes qualités (422, 422 HQ, 4444), vous offre la flexibilité de choisir entre la taille du fichier et un standard d'archivage pur — le 422 HQ suffit pour la plupart des productions si vous ne voulez pas que votre stockage explose. DNxHD fonctionne de manière similaire sur les systèmes Windows. Les deux travaillent avec une profondeur de couleur de 10 ou 12 bits, ce qui est crucial pour l'étalonnage : vous pouvez intervenir agressivement sur les tons moyens sans créer de banding.
Le prix est plus élevé qu'avec les codecs avec perte. Une minute de 4K en ProRes 422 HQ consomme rapidement 8 à 10 Go de stockage. Avec plusieurs caméras et des journées de tournage de plusieurs heures, vous devrez vous pencher sur des racks de SSD et des sauvegardes redondantes — ce n'est pas une option, c'est une obligation. De plus : votre station de montage et votre suite de colorimétrie nécessitent une véritable puissance matérielle. ProRes fonctionne correctement sur un MacBook Pro, mais pour un étalonnage intensif avec plusieurs calques et effets, ça devient juste.
Il existe aussi des équivalents audio comme FLAC, mais c'est rarement le problème principal sur un plateau de tournage — votre son provient généralement compressé ou non compressé directement du perchman. Pour l'archivage des masters (DCP cinéma, masters en ligne), la compression sans perte n'est pas négociable. Le surcoût en vaut la peine : dans cinq ans, vous aurez exactement les données dont vous avez besoin pour ré-étalonner ou remasteriser. Avec des codecs avec perte, cette option disparaît — pour toujours.