L'espace géographique et architectural où se déroule la scène — impose la lumière disponible, la mobilité caméra et le langage visuel. Non interchangeable avec un décor construit.
Le lieu de l'action n'est pas le décor, mais la réalité avec laquelle vous devez compter — avant même d'installer la moindre lampe. C'est l'espace concret dans lequel votre histoire peut respirer ou suffoquer. Un salon avec une hauteur sous plafond de 2,40 m vous impose d'autres angles de caméra qu'un loft. Un couloir étroit détermine si le Steadicam est possible. Une gare à 6 heures du matin présente des conditions d'éclairage complètement différentes qu'à 14 heures — et ce n'est pas cosmique, c'est votre matériel.
Sur le plateau, vous distinguez le lieu de l'action (le bâtiment réel, la rue, la forêt) du décor (ce que vous construisez sur place, vos lumières, vos positions de caméra, vos modifications mineures). Le lieu de l'action est donné, brut. Le directeur de la photographie et le réalisateur doivent le lire comme un texte — quelle couleur de mur soutient l'ambiance, comment la lumière naturelle entre par la fenêtre, où se trouvent les colonnes qui bloquent le mouvement de votre caméra. Ce n'est pas une affaire de décoration, c'est une logique de lumière et une logique de composition.
Un lieu de l'action exclut automatiquement certaines façons de raconter. Dans un appartement exigu au sous-sol, vous filmez en gros plan, de près, souvent de manière statique — le sentiment d'espace devient l'épaule du film. Dans un terrain d'usine vide, vous avez 360 degrés de liberté de mouvement, mais aussi 360 degrés de vide à remplir. Un vrai supermarché avec son éclairage fluorescent criard vous impose d'autres températures de couleur qu'un décor reconstitué en studio — et oui, c'est une différence que la caméra voit et que l'histoire ressent.
Le choix du lieu de l'action est une décision de mise en scène, mais elle lie le directeur de la photographie, le son, la production. Certains réalisateurs disent : Je tourne uniquement dans des lieux réels, car l'énergie est authentique. D'autres préfèrent les studios parce qu'ils ont besoin du contrôle de l'éclairage. Le lieu de l'action n'est donc pas neutre — c'est une décision esthétique et pratique qui doit être prise avant le premier jour de tournage, lors de la recherche de lieux, lors de la visite avec la caméra et le trépied. Alors vous savez ce qui est possible.