Réseau narratif où plusieurs fils d'histoire se déploient simultanément sans hiérarchie — Tarantino, PTA, Haneke l'utilisent. Le spectateur assemble le sens.
Plusieurs fils narratifs se déroulent en parallèle, sans qu'aucun n'ait une priorité claire — le spectateur doit établir lui-même les liens. Ce n'est pas du montage au sens classique, mais une structure narrative où la séquence de montage et le rythme façonnent la compréhension. Sur le plateau, on ne s'en rend souvent pas compte pendant le tournage ; cela se révèle au montage, lorsque la réalisation juxtapose délibérément des scènes de différentes époques ou de différents fils narratifs.
Dans le film linéaire classique, A mène à B, qui mène à C — clair, hiérarchique. La narration hypertextuelle fonctionne différemment : A se déroule en parallèle à B, coupe à C, revient à une variante de A. Pulp Fiction de Tarantino en est l'exemple par excellence — non pas parce que l'histoire saute, mais parce que la séquence de montage crée elle-même du sens. Des scènes éloignées dans le temps sont reliées par leur proximité dans le film. Cela crée des associations que le spectateur doit traiter activement. Paul Thomas Anderson dans Magnolia ou Michael Haneke dans Code Unknown utilisent cette structure encore plus systématiquement : ils décomposent complètement la causalité et forcent le spectateur à réfléchir.
Concrètement, cela signifie que la dramaturgie ne réside pas dans l'histoire, mais dans le montage. On peut tourner de manière linéaire, mais le montage crée des associations. Un geste de la scène 40 est coupé à côté d'un geste similaire de la scène 8 — soudain, le spectateur voit un lien qui n'existe pas dans la simple action. Ce n'est pas une irritation, mais une stratégie délibérée. Le spectateur n'est pas passivement diverti, il reconstruit constamment le sens.
La différence avec la non-linéarité classique (flash-backs, récit fragmenté) réside dans le fait que la narration hypertextuelle a des fils narratifs équivalents. Pas d'histoire principale avec des sous-intrigues. Au lieu de cela, un réseau où chaque fil existe simultanément. Cela exige du spectateur de la concentration — et de l'éditeur une clarté impitoyable dans la séquence de montage. Chaque coupe doit fonctionner, à la fois comme information narrative et comme déclaration visuelle-rythmique. Haneke, par exemple, utilise des positions de caméra statiques et de longs plans pour ne pas brouiller cette simultanéité — la structure porte la complexité, pas la cinétique.