La mise au point : c'est quand tu ajustes la netteté de l'image pendant le tournage. Le focus-puller doit la garder piquée sur les acteurs, même s'ils bougent dans le cadre.
Détails techniques
La profondeur de champ est déterminée par trois paramètres : l'ouverture du diaphragme, la distance focale et la distance de l'objet. Avec un objectif de 35 mm, une ouverture de f/2.8 et une distance de mise au point de 3 mètres, la profondeur de champ est d'environ 1,2 mètre. Les objectifs de cinéma modernes disposent de bagues de mise au point avec une rotation de 270 à 300° pour des réglages précis, tandis que les objectifs photo n'en ont généralement que 90 à 120°. Les systèmes de suivi de mise au point (Follow-Focus) fonctionnent avec des modules d'engrenage standard (pas de 0.8) et permettent le "focus pulling" (mouvement de mise au point) à des vitesses allant de 0,1 à 15 secondes entre les points de mise au point.
Le "split-focus" décrit le réglage entre deux plans d'objets, tandis que le "rack-focus" (ou "focus pull") désigne le changement dynamique de la mise au point pendant l'enregistrement. Le "deep focus" maintient plusieurs plans de l'image nets simultanément, généralement grâce à des ouvertures à partir de f/8 ou des objectifs grand-angle inférieurs à 24 mm.
Histoire et développement
Les premières caméras de cinéma vers 1895 utilisaient des objectifs à mise au point fixe sans possibilité de réglage. En 1908, la société Zeiss a introduit les premiers objectifs de cinéma réglables. En 1941, Gregg Toland a révolutionné le style "deep focus" avec "Citizen Kane" en utilisant des optiques ultra grand-angle et une ouverture de f/16. L'introduction des objectifs zoom en 1950 a nécessité de nouveaux systèmes de suivi de mise au point.
Depuis les années 1990, les systèmes de mise au point électroniques permettent une répétabilité précise grâce aux données des encodeurs. En 2010, les systèmes de suivi de mise au point sans fil comme le système Preston FIZ se sont imposés avec une précision sub-pixel.
Utilisation pratique au cinéma
Dans "Citizen Kane" (1941), Orson Welles a utilisé des objectifs de 24 mm avec une ouverture de f/16 pour des images constamment nettes, de 60 cm à l'infini. Dans ses westerns, Sergio Leone a utilisé délibérément des téléobjectifs avec une ouverture de f/2.8 pour isoler les personnages de l'arrière-plan. "The Social Network" (2010) a systématiquement utilisé des réglages de f/1.4 avec des optiques de 85 mm pour une profondeur de champ minimale.
Les "focus pullers" travaillent avec des mètres à ruban et des repères sur le système de suivi de mise au point, les changements de distance étant déterminés avec une précision de 2 à 3 cm à l'avance. Lors des mouvements de Steadicam, le suivi de mise au point s'effectue par radio avec une portée allant jusqu'à 500 mètres.
Comparaison et alternatives
Les systèmes d'autofocus atteignent des temps de mise au point de 0,1 à 0,3 seconde dans les caméras grand public, mais ils sont trop lents et imprévisibles pour la production cinématographique professionnelle. La mise au point manuelle reste la norme, car c'est le seul moyen d'obtenir un timing précis et un contrôle artistique.
Les filtres "split-diopter" permettent d'obtenir différentes zones de netteté sans mouvement de mise au point, mais ils créent une ligne de séparation caractéristique dans l'image. Le "focus stacking" de la photographie combine plusieurs plans de netteté numériquement, mais il est rarement utilisé au cinéma en raison du temps nécessaire.
Actualités
Les caméras modernes comme la Sony FX3 Mark II annoncée mettent de plus en plus l'accent sur l'autofocus assisté par IA avec reconnaissance de sujet en temps réel et suivi prédictif. Cette évolution automatise les opérations de mise au point complexes et permet un suivi de la netteté plus précis pour les objets en mouvement.