Cadre rectangulaire en aluminium avec tissu noir, monté sur C-Stand par axe 5/8" pour moduler précisément la lumière.
Détails Techniques
Les "fingers" sont constitués d'un cadre rectangulaire en aluminium sur lequel est tendu du molleton noir (tissu de coton, 300-400 g/m²) ou du Duvetyne. Le cadre est équipé d'un pivot standard de 5/8 pouce (Baby Pin) pour la fixation sur des pieds C ou des "gripheads". Les "fingers" pleins (Solid) bloquent complètement la lumière, tandis que les "fingers" en filet (Silk/Net) fonctionnent avec une diffusion de 1/4, 1/2 ou 1 stop. Les modèles professionnels de fabricants tels que Matthews Studio Equipment ou Kupo pèsent entre 0,8 et 2,1 kg selon la taille.
Histoire & Évolution
Les "fingers" ont été développés dans les années 1930 à Hollywood comme une version miniature des grands "flags". La désignation précise s'est établie grâce au directeur de la photographie Gregg Toland, qui les a utilisés pour la première fois de manière systématique dans "Citizen Kane" (1941) pour la modélisation sélective des visages. Dans les années 1960, Mole-Richardson a introduit des dimensions standardisées. Les variantes modernes en fibre de carbone depuis 2010 ont réduit le poids de 40% tout en conservant la même stabilité.
Utilisation Pratique au Cinéma
Les "fingers" coupent spécifiquement des sources lumineuses individuelles sans affecter l'ensemble du dispositif. Dans les portraits, ils occultent une moitié du visage ou empêchent les reflets parasites ("lens flares") en contre-jour. Christopher Nolan les a utilisés intensivement dans "The Dark Knight" (2008) pour une gestion précise des ombres dans les scènes d'interrogatoire. Lors des prises de vue de produits, ils éliminent les reflets indésirables sur les surfaces brillantes. La distance par rapport au sujet détermine la dureté de l'ombre : 30 cm créent des bords doux, 2 mètres des ombres dures. Les "fingers" permettent également un éclairage sélectif des yeux individuels dans les gros plans.
Comparaison & Alternatives
Les "fingers" se distinguent des "cutters" par leur largeur plus faible et leur mobilité accrue. Les volets ("barn doors") des projecteurs offrent moins de précision car ils restent montés sur la source lumineuse. Les "gobos", en revanche, projettent des ombres avec des motifs définis. Les panneaux LED modernes avec contrôle par application remplacent partiellement les "fingers" mécaniques par des fonctions de masquage numériques. Les "cucoloris" (cookies) créent des ombres structurées plutôt que linéaires. Lors de tournages rapides, les équipes préfèrent les "fingers" pour leur positionnement flexible par rapport aux solutions montées de manière fixe.