Source lumineuse secondaire positionnée près de la caméra pour éclairer les ombres créées par la lumière principale, généralement avec softboxes ou panneaux LED (ratio 2:1 à 8:1).
Détails techniques
La lumière de remplissage est généralement utilisée avec une température de couleur de 3200K (Tungstène) ou 5600K (Lumière du jour), en fonction de la lumière principale. Son positionnement est frontal par rapport à la caméra, généralement décalé de 15 à 45 degrés sur le côté par rapport à l'axe de la lumière principale. Les projecteurs typiques sont des softboxes (de 60x60cm à 120x120cm), des tubes Kinoflo ou des panneaux LED avec diffuseurs. Le rapport d'éclairage (Lighting Ratio) entre la lumière principale et la lumière de remplissage est mesuré en diaphragmes : 2:1 (une différence d'un diaphragme) pour une lumière de portrait douce jusqu'à 8:1 (trois diaphragmes) pour un contraste dramatique.
Les panneaux LED modernes offrent une gradation continue de 0 à 100% et permettent des ajustements précis sans décalage de température de couleur. Les projecteurs tungstène traditionnels perdent en température de couleur lors de la gradation (de 3200K à 2800K à 50% de puissance).
Histoire et développement
La lumière de remplissage s'est développée à partir de 1915 avec le passage de l'éclairage à point unique à l'éclairage à trois points dans les studios d'Hollywood. Cecil B. DeMille et son directeur de la photographie Alvin Wyckoff sont considérés comme les pionniers de cette technique d'éclairage. En 1927, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences a standardisé le montage à trois points avec une lumière de remplissage définie.
Dans les années 1950, Arri et Mole-Richardson ont introduit des projecteurs de remplissage spécialisés. Les années 1980 ont vu l'arrivée des tubes Kinoflo, qui permettaient une lumière de remplissage douce et uniforme sans dégagement de chaleur. Depuis 2010, les panneaux LED dominent avec contrôle à distance et intégration d'applications.
Utilisation pratique au cinéma
Dans "The Godfather" (1972), Gordon Willis a délibérément utilisé un minimum de lumière de remplissage, faisant sombrer les visages dans des ombres profondes – un procédé stylistique pour l'atmosphère sombre. À l'inverse, Conrad Hall a utilisé une lumière de remplissage intense dans "American Beauty" (1999) pour les scènes de banlieue, afin de visualiser une perfection artificielle.
Le flux de travail standard place la lumière de remplissage après la lumière principale, le directeur de la photographie contrôlant le contraste sur le moniteur ou le posemètre. Pour les scènes de dialogue, deux lumières de remplissage symétriques sont souvent utilisées pour éclairer uniformément les deux interlocuteurs.
Comparaison et alternatives
La lumière de remplissage se distingue de la lumière de dessus (Hair Light) par sa position frontale et de la lumière de fond par sa fonction d'éclaircissement des ombres. Les réflecteurs remplacent souvent la lumière de remplissage active dans les productions à petit budget, mais offrent moins de contrôle sur l'intensité et la direction. Les murs LED modernes (Volume Stages) intègrent une lumière de remplissage virtuelle directement dans la projection d'arrière-plan, rendant les lumières de remplissage séparées partiellement superflues.
La lumière réfléchie (bounce light) depuis le plafond ou les murs crée une lumière de remplissage plus naturelle que les sources directes, mais nécessite une puissance de base plus élevée et offre moins de précision dans la mise en forme de la lumière.