Écran ajouré en contreplaqué ou plastique placé devant les sources lumineuses pour projeter des ombres organiques aux contours doux sur les objets ou les visages.
Détails techniques
Les cucoloris sont fabriqués à partir de contreplaqué de 6 à 12 mm d'épaisseur, de panneaux de fibres de bois ou de panneaux de plastique modernes. Les trous et les fentes suivent généralement des motifs organiques et irréguliers sans répétition reconnaissable. Il existe trois variantes principales standard dans l'industrie : "Small Pattern" (trous de 2 à 5 cm), "Medium Pattern" (5 à 8 cm) et "Large Pattern" (8 à 15 cm). La distance optimale par rapport à la surface éclairée est de 3 à 5 fois celle de la plus grande ouverture pour des transitions d'ombre douces, et de 1 à 2 fois celle pour des contours nets.
Histoire et développement
En 1923, le directeur de la photographie George Folsey a introduit le premier cucoloris chez Metro Pictures, inspiré par les ombres naturelles du feuillage. La technique s'est rapidement établie dans le système des studios hollywoodiens des années 1930. Le directeur de la photographie Gregg Toland a perfectionné son utilisation dans "Citizen Kane" (1941) pour des compositions dramatiques de lumière et d'ombre. Depuis les années 1990, les gobos numériques et les projecteurs LED complètent le cucoloris classique, mais ne peuvent pas le remplacer complètement en matière de modulation organique de la lumière.
Utilisation pratique au cinéma
Dans "The Godfather" (1972), Gordon Willis a utilisé des cucoloris pour créer les ombres caractéristiques sur le visage dans le bureau de Vito Corleone. Roger Deakins les a utilisés dans "Blade Runner 2049" (2017) pour simuler des ombres urbaines futuristes. Le flux de travail typique nécessite des tests d'éclairage avec des prises de vue Polaroid pour le positionnement des ombres. Les cucoloris réduisent l'intensité lumineuse de 40 à 60 %, nécessitent donc un éclairage de base proportionnellement plus puissant et prolongent les temps d'exposition.
Comparaison et alternatives
Les gobos créent des motifs précis et répétables, tandis que les cucoloris fournissent des structures organiques et aléatoires. Les drapeaux (flags) et les points (dots) créent des bords d'ombre nets, tandis que les cucoloris produisent des transitions modulées. Les panneaux LED modernes avec projecteurs de gobos obtiennent des effets similaires avec un contrôle plus flexible, mais coûtent 10 à 15 fois plus cher. Pour les productions à petit budget, les cucoloris faits maison en carton restent l'alternative pratique, mais n'atteignent que 30 à 40 % de la durabilité des versions professionnelles.