Une capture de l'arrière-plan pur sans acteurs ni objets, utilisée pour la retouche numérique, la suppression de câbles et les corrections de compositing.
Détails techniques
Les "clean plates" (ou plans nets) sont enregistrés avec des réglages de caméra identiques : même focale, ouverture (typiquement f/2.8-f/5.6), valeurs ISO et balance des blancs. La caméra ne doit pas être déplacée entre la prise de vue principale et le "clean plate" – un déplacement de 2-3 mm suffit à rendre la prise inutilisable. Les flux de travail numériques modernes exigent des "clean plates" en résolution native (4K, 6K ou 8K) et dans le même codec que le matériel principal. Pour les productions HDR, les "clean plates" sont créés avec des valeurs d'exposition identiques pour les hautes lumières et les ombres.
Histoire et développement
La technique est née dans les années 1930 dans les studios d'Hollywood, lorsque les "matte paintings" ont été combinés avec de l'action réelle. Linwood Dunn a mené des travaux pionniers chez RKO Pictures à partir de 1932. Numériquement, le flux de travail des "clean plates" s'est imposé à partir de 1993 avec "Jurassic Park", où ILM a utilisé des "clean plates" pour les compositions de dinosaures. Depuis 2010, les algorithmes d'apprentissage automatique automatisent la création de "clean plates" par suppression d'objets à partir de prises existantes.
Utilisation pratique au cinéma
Dans "Le Seigneur des Anneaux" (2001-2003), WETA Digital a utilisé des centaines de "clean plates" pour les manipulations de taille entre Hobbits et humains. "Mad Max: Fury Road" (2015) a utilisé des "clean plates" pour supprimer les harnais de cascade des scènes de véhicules. Le flux de travail standard comprend : tourner la scène principale, enregistrer immédiatement le "clean plate", synchroniser les deux prises avec le timecode. Les superviseurs VFX exigent des "clean plates" même pour des scènes apparemment simples, car la reconstruction ultérieure coûte 10 à 15 fois plus cher en temps de rendu.
Comparaison et alternatives
Les "clean plates" se distinguent des "backplates" (prises de fond pour écran vert) par la position identique de la caméra. Le "Content-Aware Fill" (Adobe After Effects) et les outils de suppression de câbles remplacent de plus en plus les "clean plates" pour les suppressions d'objets simples. Pour les scènes complexes avec ombres, reflets ou dégradés de profondeur de champ, les "clean plates" restent indispensables. Les décors virtuels et les murs LED réduisent le besoin de "clean plates", car les arrière-plans sont déjà présents numériquement.