Tissu de coton blanchi pour diffusion lumineuse; neutre en température de couleur, contrairement à la variante écrue teintée de jaune.
Détails techniques
Les toiles de mousseline standard sont fabriquées dans des largeurs de 3, 6 et 12 mètres, avec une longueur de rouleau maximale de 50 mètres. L'épaisseur du matériau est de 0,2 à 0,3 mm, avec une résistance à la rupture d'au moins 400 N dans le sens de la chaîne. La mousseline non blanchie présente une teinte jaunâtre d'environ 200-300 Kelvin, tandis que la variante blanchie fonctionne de manière quasi neutre en température de couleur. Les versions imprégnées ignifuges (traitées IFR) répondent à la classe de résistance au feu B1 selon la norme DIN 4102 et sont obligatoires pour les travaux en studio.
Histoire & Développement
L'utilisation de la mousseline comme modificateur de lumière s'est établie dans les années 1920 dans les studios d'Hollywood, où des directeurs de la photographie comme Karl Struss et Charles Rosher utilisaient le matériau pour éclaircir les visages. Dans les années 1950, l'ASC (American Society of Cinematographers) a standardisé différentes intensités de diffusion. Avec l'avènement des projecteurs HMI dans les années 1970, la mousseline blanchie, neutre en température de couleur, a gagné en importance par rapport à la variante initialement préférée non blanchie.
Utilisation pratique au cinéma
La mousseline blanchie sert d'alternative économique aux diffuseurs en fibres synthétiques pour les configurations de softlight de grande surface. Les applications typiques comprennent les plafonniers de 12x12 mètres dans les scènes de jour ou comme réflecteur rebond en combinaison avec des HMI de 18K. Le directeur de la photographie Roger Deakins a utilisé de vastes constructions en mousseline pour l'éclairage uniforme des scènes de prison dans "The Shawshank Redemption" (1994). Le tissu se coud, se tend et se répare facilement, mais a tendance à s'affaisser sous l'humidité et peut jaunir en cas de surchauffe.
Comparaison & Alternatives
Par rapport aux diffuseurs synthétiques comme le Roscoe Tough Spun, la mousseline offre une diffusion de lumière plus naturelle, mais une résistance aux intempéries moindre. Les panneaux LED modernes avec diffusion intégrée remplacent de plus en plus les configurations classiques en mousseline, car ils permettent un contrôle plus direct de la température de couleur et de l'intensité. Pour les conditions météorologiques extrêmes, les soies ripstop ou les diffuseurs en polyester se sont imposés, car ils sont nettement plus résistants à la déchirure pour une transmission lumineuse égale.