Métrage projeté sur écran translucide depuis l'arrière — comédiens jouent devant. Technique classique pour scènes de voiture et décors exotiques en studio. Obsolète aujourd'hui mais visuellement distinctif.
Vous êtes devant une limousine en studio, les acteurs sont assis à l'intérieur, et derrière eux, une scène de rue scintille — c'est la rétroprojection, et oui, on la voit. Toujours. La raison est simple : une toile translucide derrière les acteurs est éclairée par derrière avec du matériel filmique, tandis que la caméra frontale enregistre la scène. Du matériel en mouvement ou statique — prises de vue de conduite, paysages, décors urbains — est ainsi créé sans véritables prises de vue sur site. La méthode a dominé Hollywood des années 1930 aux années 1970, car les tournages en extérieur étaient coûteux et logistiquement brutaux.
En pratique, cela fonctionne ainsi : vous avez besoin d'un projecteur derrière la toile, synchronisé avec la caméra — ou avec le matériel déjà filmé, s'il est pré-planifié. L'éclairage est le problème central. La toile doit être suffisamment lumineuse pour être lisible dans l'image de la caméra, mais pas trop pour ne pas surexposer les acteurs ou créer des halos. De plus : le contraste entre le premier plan et l'arrière-plan projeté était rarement cohérent. La profondeur de champ ne fonctionne pas — soit l'arrière-plan est flou, soit les interprètes se brouillent. Et la lumière du projecteur, qui tombe sur le visage et le costume, crée un éclairage artificiel et plat qui se remarque immédiatement.
Néanmoins, la rétroprojection était économiquement indispensable. Filmer une scène de conduite avec une vraie voiture dans la rue signifiait plusieurs jours de production, de coordination avec la circulation, de travelling, de multiples prises. Avec la rétroprojection : une demi-journée en studio, matériel préfabriqué, une caméra, des conditions d'éclairage contrôlées. La synchronisation verticale — que la caméra fonctionne exactement sur le bon cadre du matériel d'arrière-plan — était un artisanat. Des techniciens étaient assis à côté et criaient les tempos.
Aujourd'hui, vous reconnaissez immédiatement tout film des années 1960 avec rétroprojection : l'arrière-plan semble légèrement décalé par rapport au mouvement du véhicule, la netteté est étrangement répartie, et la lumière n'est jamais tout à fait juste. Ce n'est pas une erreur — c'est la signature de cette époque. Les techniques modernes de VFX comme les murs LED et le compositing en caméra ont rendu la rétroprojection obsolète, mais y jeter un œil nous apprend à quoi ressemblent les astuces créées sous la pression : pragmatiques, visibles, honnêtes dans leur imperfection.